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Les Houthis frappent à nouveau l’Arabie saoudite, l’Iran dément toute implication au Yémen

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 6 j

Riyad demande le report d'une rencontre avec l'Iran à Oman, même si Téhéran dément toute implication au Yémen..

Nouveaux frappes houthis

Les Houthis, un groupe armé yéménite, ont lancé lundi une série d’attaques massives contre l’Arabie saoudite voisine. Utilisant des dizaines de missiles balistiques et de drones, ils ont notamment visé la base aérienne de King Khalid à Khamis Mushait, dans le sud du royaume. Un habitant a témoigné avoir observé de nombreuses explosions et un incendie prolongé. Ces frappes surviennent après une offensive éclair des Houthis qui leur a permis de renforcer leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, une voie maritime stratégique reliant l’Europe à l’Asie. Ce détroit est crucial pour le commerce mondial, car il permet le passage des navires pétroliers et de marchandises entre la mer Rouge et l’océan Indien. Les Houthis, qui forment une partie de l’axe de la résistance, un réseau de groupes armés soutenus par l’Iran, jouent désormais un rôle central dans le conflit au Yémen.

Impact sur le pétrole

Les attaques des Houthis ont ciblé les infrastructures pétrolières saoudiennes, premier exportateur mondial de pétrole. Ces frappes ont provoqué l’arrêt de l’oléoduc Est-Ouest, une infrastructure essentielle qui transporte 4 % de l’approvisionnement mondial en brut. Cette interruption a contribué à faire monter le prix du pétrole au-dessus de 100 dollars américains le baril, un seuil symbolique rarement atteint. Par ailleurs, l’Arabie saoudite a subi une attaque venue d’Irak contre ce même oléoduc, aggravant la crise énergétique. Ces événements surviennent dans un contexte où le détroit d’Ormuz, autre passage clé pour le commerce pétrolier, est déjà partiellement bloqué par l’Iran depuis plusieurs mois. Ces deux détroits, Bab el-Mandeb et Ormuz, sont vitaux pour l’économie mondiale, car ils permettent l’exportation de millions de barils de pétrole chaque jour.

Réaction saoudienne

Face à ces attaques, l’Arabie saoudite a riposté en menant une cinquantaine de frappes aériennes contre les positions houthies au Yémen, selon ces derniers. Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, a rencontré lundi à Djeddah le commandant du Commandement central américain (Centcom) pour discuter des tensions régionales. Cependant, l’Arabie saoudite a demandé le report d’une réunion diplomatique prévue avec l’Iran à Oman, invoquant la situation au Yémen comme prétexte. L’Iran a démenti toute implication dans le conflit yéménite, affirmant que les Houthis agissent de manière indépendante. Malgré ces dénégations, l’Iran est perçu comme un acteur influent dans la région, notamment en raison de son contrôle relatif sur le détroit d’Ormuz, où des navires restent bloqués depuis des mois.

Crise humanitaire aggravée

La guerre au Yémen, qui dure depuis 2014, a déjà causé des centaines de milliers de morts et plongé le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans une crise humanitaire majeure. Les combats récents ont fait des centaines de victimes et déplacé près de 86 000 personnes, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). En juillet 2026, le conflit s’est intensifié après une offensive américano-israélienne contre l’Iran, entraînant le Yémen dans une nouvelle phase de violence. Les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, ont repris certaines positions dans la région de Taëz, mais les Houthis conservent une emprise significative sur des zones stratégiques, comme le détroit de Bab el-Mandeb. Cette situation aggrave une crise déjà intenable pour les pays du Golfe, où les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb sont de plus en plus vulnérables.

Ce que ça pourrait changer

Les récents développements au Yémen et les tensions autour des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb ont instauré un nouvel équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient. L’Iran, malgré les pressions américaines, maintient un contrôle relatif sur Ormuz, ce qui lui confère une position de force face à une Arabie saoudite affaiblie par les attaques des Houthis. Les États du Golfe, confrontés à une crise économique et sécuritaire, considèrent la désescalade comme un impératif. Ali Vaez, du centre de réflexion International Crisis Group, souligne que la vulnérabilité des deux détroits rend la situation intenable et nécessite une intervention diplomatique urgente. Ces événements illustrent l’interconnexion des conflits régionaux et leur impact sur l’économie mondiale, notamment en raison de la hausse des prix de l’énergie.

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