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Généraliste

La gouvernance souverainiste

Le Devoir · mis à jour 1 oct.

En voulant abolir le poste de lieutenant-gouverneur, PSPP renoue avec la vieille stratégie des «gestes de rupture»..

Nouveau gouvernement PQ

Le 8 décembre 2023, les 100 députés de l'Assemblée nationale du Québec, incluant ceux du Parti libéral du Québec (PLQ), ont adopté à l'unanimité une motion proposée par Sol Zanetti, co-porte-parole de Québec solidaire, visant à abolir le poste de lieutenant-gouverneur. Ce poste symbolique représente le roi du Canada au Québec, une fonction principalement honorifique mais coûteuse. Le nouveau premier ministre du Québec, Paul St-Pierre Plamondon, leader du Parti québécois (PQ), a annoncé son intention d'abolir ce poste dès le premier jour de la nouvelle législature. En 2021, François Legault, alors premier ministre, s'était engagé à supprimer ce poste, comme prévu dans le programme de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2015, mais avait finalement reporté cette mesure faute de priorité. Le PLQ, dirigé par Charles Milliard, a salué cette initiative tout en laissant entendre qu'il ne s'opposerait pas à la suppression des fonds alloués à la lieutenante-gouverneure, Manon Jeannotte, une économie qui pourrait être réorientée vers des causes sociales comme la lutte contre l'itinérance.

Gouvernance souverainiste

Le concept de gouvernance souverainiste a été introduit par le Parti québécois (PQ) sous la direction de Pauline Marois. Il consistait à tester les limites de l'autonomie du Québec au sein de la fédération canadienne, en attendant un éventuel projet d'indépendance. Cette stratégie visait à démontrer que le Québec pouvait agir de manière autonome sans nécessairement rompre avec le Canada. Cependant, le gouvernement minoritaire de 2012 n'a pu aller très loin dans cette voie. Avec un gouvernement majoritaire dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, cette approche pourrait être approfondie. La suppression du poste de lieutenant-gouverneur s'inscrit dans cette logique de gestes de rupture, une stratégie prônée par Robert Laplante, ancien directeur de L'Action nationale, et soutenue par Jacques Parizeau. Ce geste symbolique pourrait être contesté sur le plan constitutionnel, mais le chef péquiste semble prêt à assumer ce conflit, notamment pour marquer une opposition claire avec le gouvernement fédéral dirigé par Justin Trudeau.

Réactions politiques

Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a critiqué le style belliqueux et chicanier de Paul St-Pierre Plamondon, un trait de caractère qui pourrait influencer ses décisions futures. Ruba Ghazal, députée de Québec solidaire, a pour sa part invité le futur premier ministre à accepter les critiques dans un cadre démocratique. St-Pierre Plamondon a lui-même critiqué les médias, les accusant de favoriser la désinformation et la distorsion, une rhétorique rappelant celle d'autres figures politiques. Il a notamment évoqué l'affaire de l'école Roger-Comtois, où son équipe aurait fourni des données incomplètes, accusant les journalistes de mauvaise foi. Cette approche rappelle une maxime de Jean Charest : Un politicien qui se plaint des journalistes, c’est comme un poisson qui se plaint de l’eau, soulignant l'importance pour un dirigeant de ne pas s'aliéner les médias.

Ce que ça pourrait changer

Paul St-Pierre Plamondon a exprimé son scepticisme envers le *Conseil de la fédération*, une instance réunissant les premiers ministres provinciaux et territoriaux du Canada, qu'il qualifie de *bébelle* affaiblissant le rapport de force du Québec. Il préfère des relations bilatérales avec chaque province plutôt que des réunions collectives. Cette position contraste avec celle de Pauline Marois, qui avait choisi de participer aux travaux du Conseil. St-Pierre Plamondon a également critiqué le *fédéralisme* comme un régime *antidémocratique* fondé sur l'*abus de pouvoir*, évoquant le *poignard planté dans le dos de René Lévesque* lors de la *nuit des longs couteaux* en 1981, un épisode marquant de l'histoire politique québécoise. Enfin, l'annonce d'une augmentation *contrôlée* de l'immigration par Justin Trudeau, révélée en exclusivité au *New York Times*, risque d'ajouter des tensions entre Québec et Ottawa.

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