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Géopolitique

Thélyson Orélien nie avoir utilisé l’IA, la presse québécoise doute : “Je ne le crois pas”

Courrier International · mis à jour il y a 23 h

Trois semaines après le début de la controverse entourant son premier roman, l’écrivain québécois d’origine haïtienne Thélyson Orélien a rompu le silence pour réfuter tout recours à l’IA pour l’écriture de ‘‘C’était ça ou mourir’’. Sa déclaration est loin de convaincre la presse canadienne..

Controverse autour du roman

Le roman C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien, écrivain canado-haïtien, a déclenché une polémique trois semaines après sa sortie. Un compte anonyme sur la plateforme X (anciennement Twitter), géré notamment par l’essayiste conservateur Samuel Fitoussi, a accusé l’auteur d’avoir utilisé des outils d’intelligence artificielle (IA) pour rédiger une partie de son livre. Cette accusation a rapidement pris de l’ampleur dans les médias québécois et canadiens, mettant en doute l’authenticité de l’œuvre. La presse québécoise, comme The Globe and Mail ou La Presse, a relayé ces soupçons, créant une crise médiatique autour de l’écrivain. Orélien, dont le roman avait été salué lors de la rentrée littéraire française, voit ainsi sa réputation entachée par ces allégations.

Démenti de l'auteur

Face à ces accusations, Thélyson Orélien a publié le 13 octobre 2026 un texte intitulé Ce roman que j’ai écrit, transmis à l’AFP, pour nier catégoriquement l’utilisation de l’IA dans l’écriture de son livre. Il affirme que aucune phrase de C’était ça ou mourir n’a été générée par une machine, qualifiant ces allégations de calomnie et d’hérésie. L’écrivain précise avoir commencé l’écriture de son roman en 2017 au Québec et avoir terminé un premier jet deux ans plus tard, en 2019. Il évoque également les menaces, le lynchage médiatique et le harcèlement raciste dont il fait l’objet depuis plusieurs semaines, soulignant l’insoutenable pression subie. Orélien admet cependant des plagiats dans son œuvre, sans préciser leur nature ou leur étendue.

Scepticisme de la presse

Malgré le démenti de Thélyson Orélien, la presse québécoise et canadienne reste sceptique. Des médias comme La Presse ou Noovo Info ont relayé ses propos, mais des chroniqueurs comme Patrick Lagacé, dans un article publié le 13 octobre 2026, expriment leur incrédulité. Lagacé, dans sa chronique intitulée Parlons du verbe prouver, monsieur Orélien, met en avant la difficulté de prouver l’absence d’utilisation de l’IA, soulignant que les outils actuels permettent de détecter des traces de génération automatique de texte, mais pas toujours de manière infaillible. La presse québécoise, traditionnellement attachée à l’authenticité des œuvres littéraires, semble peu convaincue par les arguments de l’auteur, d’autant que les accusations proviennent d’un compte anonyme dont les motivations restent floues.

Ce que ça pourrait changer

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de méfiance croissante envers l’utilisation de l’IA dans la création artistique et littéraire. Les outils d’IA générative, capables de produire des textes, des images ou de la musique, soulèvent des questions éthiques et juridiques sur l’authenticité des œuvres. Au Québec et au Canada, où la littérature occupe une place centrale dans la culture, ces débats sont particulièrement sensibles. L’affaire Orélien illustre les tensions entre innovation technologique et préservation des standards traditionnels de création. Elle interroge également la responsabilité des plateformes comme *X*, qui servent de caisse de résonance à des accusations parfois non vérifiées, ainsi que le rôle des médias dans la diffusion de ces informations.

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