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Géopolitique

Pourquoi Trump accueille-t-il Xi Jinping avec un fastueux protocole ?

Le Grand Continent · mis à jour il y a 6 h

Trump sera le premier président depuis Kennedy à accueillir un dirigeant sur le tarmac L’article Pourquoi Trump accueille-t-il Xi Jinping avec un fastueux protocole ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Accueil exceptionnel

Le président américain Donald Trump a accueilli Xi Jinping, le président chinois, directement sur le tarmac de l’Andrews Air Force Base (base aérienne militaire située dans le Maryland, aux États-Unis) le 23 septembre 2026. Cette pratique est exceptionnelle : depuis 1961, seul le président John F. Kennedy avait adopté ce protocole pour accueillir un dirigeant étranger, en dehors des visites papales. Habituellement, les chefs d’État étrangers sont reçus sur la pelouse sud de la Maison-Blanche pour une cérémonie officielle. Xi Jinping, en revanche, est habitué à être accueilli dès sa descente d’avion par ses hôtes, comme ce fut le cas pour d’autres dirigeants comme Viktor Orbán (Hongrie) ou Kim Jong-un (Corée du Nord). Cette rupture avec le protocole traditionnel américain souligne l’importance accordée à cette visite par l’administration Trump.

Démonstration de puissance

La cérémonie organisée par les États-Unis pour Xi Jinping et son épouse, Peng Liyuan, a été marquée par un déploiement militaire et protocolaire sans précédent. Après l’accueil à l’Andrews Air Force Base, Trump a reçu Xi à la Maison-Blanche le 24 septembre 2026. Sur la pelouse sud, 479 militaires représentant toutes les branches des forces armées américaines (armée de terre, marine, armée de l’air, etc.) étaient présents. La cérémonie a inclus un salut présidentiel rendu par un peloton de drill silencieux des Marines (corps d’élite de l’armée américaine) et le Commandement des forces interarmées des États-Unis (structure coordonnant les différentes branches militaires). Pour clore l’événement, un survol militaire a été organisé avec un bombardier furtif B-2 Spirit (avion de combat invisible aux radars) et quatre chasseurs furtifs F-22 Raptors (avions de supériorité aérienne). Ces démonstrations visent à impressionner et à montrer la puissance militaire américaine.

Contexte diplomatique

Cette visite s’inscrit dans une dynamique de rapprochement entre les États-Unis et la Chine, amorcée lors du sommet de Busan (Corée du Sud) en octobre 2025, puis confirmée à Pékin en mai 2026. Selon Rush Doshi, ancien conseiller à la sécurité nationale sous l’administration Biden, Busan a marqué un tournant : la Chine s’est alors considérée comme l’égal des États-Unis dans des domaines clés comme l’intelligence artificielle, le commerce ou la sécurité. En réponse aux droits de douane imposés par Washington, Pékin a utilisé sa domination sur les terres rares (17 métaux essentiels pour les technologies modernes, dont 60 % de la production mondiale provient de Chine) comme levier de pression, forçant les États-Unis à reculer. Le protocole fastueux réservé à Xi Jinping reflète cette volonté de Washington de s’assurer de la coopération chinoise, plutôt que de chercher à l’impressionner.

Enjeux politiques

Les deux pays ont intérêt à maintenir une relation stable à l’approche de moments politiques clés. Aux États-Unis, les élections de mi-mandat (novembre 2026) pourraient modifier l’équilibre des pouvoirs au Congrès, influençant les politiques commerciales et étrangères. En Chine, le congrès du Parti communiste chinois (organisé à l’automne 2027) est un événement majeur où les dirigeants consolident leur pouvoir. Une trêve commerciale prolongée est donc dans l’intérêt des deux parties pour éviter des tensions préjudiciables à leurs économies respectives. Deux autres rencontres sont prévues d’ici la fin de l’année : le sommet de l’APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) à Shenzhen (novembre 2026) et le G20 à Miami (décembre 2026). Ces échanges visent à préserver un cadre de « stabilité stratégique constructive », un terme désignant une relation où les conflits sont évités sans pour autant signifier une alliance.

Ce que ça pourrait changer

Si les États-Unis ont réservé un accueil exceptionnel à Xi Jinping, la Chine applique généralement un protocole plus modeste pour les dirigeants étrangers. Selon la tradition diplomatique chinoise, les hôtes sont souvent accueillis par des ministres ou des hauts responsables, et non par le président lui-même. Par exemple, le chancelier allemand Friedrich Merz a été reçu à Pékin en février 2026 par un ministre, et l’ancien Premier ministre britannique Keir Starmer a été accueilli à l’aéroport par le ministre chinois des Finances. Même Donald Trump avait été accueilli par le vice-président chinois Han Zheng lors de sa visite à Pékin en mai 2026. Cette asymétrie dans les pratiques protocolaire illustre les différences culturelles et stratégiques entre les deux puissances.

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