Jiang Bin, colonel et porte-parole du ministère chinois de la Défense nationale : « la primauté de l’humain doit être maintenue dans les applications militaires de l’IA. »
Les armées confient de plus en plus de tâches à des machines capables de décider plus vite qu’un humain. Mais jusqu’où leur laisser la main, quand il s’agit d’ouvrir le feu ? Pékin pose une limite et veut garder l’humain aux commandes de l’IA militaire, en agitant le spectre de Terminator.
Le 11 mars 2026, Jiang Bin, colonel et porte-parole officiel du ministère chinois de la Défense nationale, a affirmé que l’intelligence artificielle (IA) utilisée dans un cadre militaire devait impérativement rester sous le contrôle d’un humain. Cette prise de position intervient dans un contexte où plusieurs pays, dont les États-Unis, sont accusés d’utiliser des systèmes d’IA pour des opérations militaires, notamment contre le Venezuela et l’Iran. Selon Jiang Bin, l’IA militaire doit être un outil au service de l’humain et non une entité autonome capable de prendre des décisions critiques. Cette déclaration s’inscrit dans une volonté de Pékin de limiter les risques liés à une automatisation excessive des armes, évoquant même le scénario dystopique du film Terminator, où des machines échappent au contrôle humain. La Chine insiste sur l’importance de maintenir l’humain comme acteur central dans les décisions de guerre, en opposition à une délégation totale du pouvoir à des algorithmes.
La Chine a défini quatre lignes rouges strictes concernant l’utilisation de l’IA dans le domaine militaire. Premier interdit : l’usage illimité de l’IA par les armées, sans cadre réglementaire. Deuxième interdit : l’emploi de l’IA pour violer la souveraineté d’autres pays, ce qui pourrait être interprété comme une ingérence dans leurs affaires internes. Troisième interdit : une influence excessive des algorithmes sur les décisions stratégiques ou tactiques, limitant ainsi le rôle des humains dans la conduite des opérations. Enfin, quatrième interdit, et le plus sensible : l’interdiction formelle de confier à une machine le pouvoir de décider de la vie ou de la mort, c’est-à-dire la capacité de déclencher une frappe militaire sans intervention humaine. Ces principes visent à garantir que l’humain conserve le dernier mot dans toute situation engageant des vies humaines. La Chine résume cette approche par la formule : « placer l’humain au centre et mettre l’intelligence artificielle au service du bien ».
Les armes autonomes, capables de sélectionner et d’engager des cibles sans intervention humaine, représentent une évolution majeure dans les conflits modernes. Ces systèmes réagissent en une fraction de seconde, bien plus rapidement qu’un opérateur humain, ce qui offre un avantage tactique décisif dans des scénarios comme les duels aériens ou la défense antimissile. Cependant, cette rapidité suscite des craintes quant à une escalade incontrôlable. En effet, des armes autonomes pourraient entrer en interaction entre elles à une vitesse dépassant la capacité de réaction des humains, risquant de générer des cycles de représailles incontrôlables. Jiang Bin a évoqué le film Terminator pour illustrer ce danger, soulignant que la course aux armements autonomes pourrait mener à une situation où les machines agiraient sans contrôle, comme dans la fiction. Ce scénario, bien que théorique, reflète une préoccupation réelle des experts et des gouvernements concernant la stabilité des systèmes militaires automatisés.
Face aux risques posés par l’IA militaire, la Chine plaide pour une gouvernance multilatérale de ces technologies sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies (ONU). L’objectif est d’éviter une escalade incontrôlable des armements autonomes et de garantir que leur développement reste encadré par des règles internationales. Cette proposition s’inscrit dans un contexte où plusieurs pays, dont les États-Unis, la Russie et Israël, investissent massivement dans des systèmes d’armes autonomes. Pékin souhaite ainsi promouvoir un cadre éthique et sécuritaire commun, afin que l’IA militaire ne devienne pas un outil de conflit incontrôlable. Cette initiative s’ajoute aux quatre lignes rouges déjà énoncées et vise à instaurer un dialogue international pour réguler l’utilisation de ces technologies, tout en maintenant la primauté de l’humain dans les décisions critiques.

