“Never Enough. Versions”, de Turnstile : un album qui offre “un festival” en soi
Un an après le remarqué “Never Enough”, le groupe de punk américain Turnstile remixe son album en invitant des artistes de tous bords à s’en emparer, d’Elton John à Oklou en passant par Blood Orange et A. G.
En 2025, le groupe américain Turnstile a sorti l’album Never Enough, un disque de punk rock composé de 14 titres. Cet album a été récompensé en 2026 par un Grammy Award dans la catégorie meilleur album rock, ainsi que par un autre Grammy pour la chanson Birds dans la catégorie meilleure performance rock. Ces prix ont marqué une reconnaissance majeure pour le groupe originaire de Baltimore, connu pour son style musical ancré dans le hardcore punk, un sous-genre du punk rock caractérisé par des rythmes rapides et des paroles souvent engagées. Ces distinctions ont également suscité des débats parmi les fans et les critiques sur l’évolution du style du groupe, certains estimant qu’il s’éloignait de ses racines hardcore pour toucher un public plus large.
Un an après Never Enough, Turnstile a sorti le 28 août 2026 un album de remix intitulé Never Enough. Versions. Cet opus propose 22 titres, dont les 14 morceaux originaux réinterprétés par 23 artistes différents. L’objectif était d’inviter des musiciens de styles variés à s’approprier les chansons du groupe, mêlant ainsi des univers musicaux très différents. Parmi les artistes invités figurent des légendes comme Elton John, des figures de la pop comme Hayley Williams (chanteuse du groupe Paramore), des stars de l’hyperpop comme A.G. Cook, ou encore des artistes français comme Oklou. Cette diversité a permis de créer une sorte de festival musical en un seul album, où chaque auditeur peut trouver des morceaux adaptés à ses goûts.
L’album Never Enough. Versions rassemble des collaborations marquantes entre Turnstile et des artistes aux univers variés. Par exemple, Elton John a participé à un remix du titre Birds, offrant une version émouvante et apaisée, décrite par le média Pitchfork comme un moment de partage intime, comparable à une clope partagée à l’extérieur d’un club. Hayley Williams, quant à elle, a transformé le morceau Ceiling en une chanson d’amour mélancolique aux accents new wave, modernisant ainsi l’original. Ces collaborations ont été saluées pour leur audace et leur capacité à fusionner des styles musicaux a priori éloignés, comme le punk hardcore et la pop mainstream.
Les critiques musicales ont globalement salué Never Enough. Versions, le qualifiant d’album impressionnant et enthousiasmant. Le média Pitchfork a souligné la qualité de certaines pistes, comme celles d’Elton John ou de Hayley Williams, tout en regrettant l’absence de groupes plus extrêmes ou iconoclastes du hardcore dans les remix. Le magazine Dazed a, pour sa part, défendu l’idée que seul Turnstile pouvait réaliser un tel projet, en raison de sa capacité à rassembler des artistes aussi variés. Les critiques ont également noté que l’album ne se prête pas à une écoute linéaire en raison de sa diversité, mais qu’il offre une expérience riche et variée, comparable à un festival musical en un seul disque.
Avec *Never Enough. Versions*, Turnstile semble confirmer une évolution dans son style musical, s’éloignant progressivement du *hardcore* pur pour explorer des collaborations avec des artistes *mainstream*. Cette transition a suscité des débats parmi les fans, certains y voyant une perte d’authenticité, tandis que d’autres saluent l’ouverture vers de nouveaux publics. Le groupe a su tirer parti de son succès critique et commercial pour attirer des artistes de renom, tout en conservant une identité forte. L’album est perçu comme une réponse aux critiques passées, prouvant que Turnstile peut transcender les frontières musicales sans renier ses origines.

