☕️ Pegasus : de nouveaux détails sur l’utilisation du logiciel par le Maroc contre la France
Des traces de compromission par Pegasus liées au Maroc ont été retrouvées sur les smartphones d’anciens ministres français en exercice entre 2019 et 2021. En 2023, le juge d’instruction chargé du dossier Pegasus au sein du tribunal judiciaire de Paris avait classé sept ministres parmi 23 « victimes » de Pegasus au même rang que […].
Le logiciel espion Pegasus, développé par la société israélienne NSO Group, a été utilisé par le Maroc pour infiltrer les smartphones de sept anciens ministres français entre 2019 et 2021. Parmi les victimes figuraient Sébastien Lecornu, ministre des Collectivités territoriales, et Florence Parly, alors ministre des Armées. Leurs téléphones (un iPhone XS et un iPhone 12) présentaient des traces de compromission identiques à celles retrouvées sur le téléphone du journaliste marocain Omar Radi, ciblé par le Maroc. Ces preuves ont été analysées par Amnesty Security Lab, une organisation spécialisée dans la cybersécurité, qui a mis au point une méthode pour détecter les intrusions de Pegasus. En 2023, un juge d’instruction parisien avait classé ces ministres parmi 23 « victimes » du logiciel, au même titre que des journalistes de Mediapart comme Edwy Plenel et Lénaïg Bredoux.
En avril 2022, la Direction Générale de la Sécurité Extérieure (DGSE), le service de renseignement français, a confirmé dans un courrier que certaines intrusions numériques pouvaient être attribuées à des services de renseignement étrangers, clients de Pegasus. La DGSE estimait que ces attaques participaient à des opérations d’espionnage portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Cette révélation s’inscrit dans un contexte où la France, tout en étant victime de cyberattaques, a également envisagé d’utiliser elle-même ce logiciel. En 2020, des services comme le ministère de la Justice, la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) et la Direction du Renseignement Militaire (DRM) avaient été identifiés comme des clients potentiels de NSO Group.
En 2020, le groupe NSO aurait proposé à la France d’acquérir une licence d’utilisation de Pegasus pour un montant estimé entre 60 et 80 millions d’euros. Cette offre, révélée par un témoignage, illustre l’intérêt des services français pour ce logiciel malgré les risques éthiques et juridiques associés. Parallèlement, le Maroc a acquis Pegasus pour surveiller des opposants politiques, comme l’entourage de l’ex-président gabonais Ali Bongo, selon les investigations de la plateforme journalistique Forbidden Stories. Ces révélations soulèvent des questions sur l’utilisation de technologies d’espionnage par des États, y compris ceux qui en sont victimes.
L’affaire **Pegasus** met en lumière les tensions géopolitiques et les enjeux de cybersécurité entre la France et le Maroc. Le logiciel, conçu par **NSO Group**, est un outil d’espionnage sophistiqué capable d’infiltrer un smartphone à distance, sans que son propriétaire n’ait besoin de cliquer sur un lien piégé. Les victimes, qu’elles soient ministres, journalistes ou opposants politiques, voient leurs communications et données personnelles exposées. Les services de renseignement français, comme la **DGSE** ou la **DGSI**, jouent un rôle clé dans la détection et l’analyse de ces cyberattaques. Enfin, des organisations comme **Forbidden Stories** et **Amnesty Security Lab** contribuent à documenter ces pratiques en collaborant avec des médias et des experts en cybersécurité.

