Élections du Québec : les engagements des cinq chefs aux maires de la province
L'entretien des infrastructures et l'itinérance étaient sur toutes les lèvres lors du sommet..
Les chefs des cinq principaux partis politiques du Québec (Parti libéral du Québec, Québec solidaire, Coalition avenir Québec, Parti conservateur du Québec et Parti québécois) se sont rencontrés à Québec le 18 septembre 2026 lors d’un sommet organisé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ). Cet événement réunissait les maires de la province, confrontés à une hausse importante de leurs dépenses et à des difficultés pour augmenter leurs revenus fonciers. Deux priorités majeures ont émergé avant les discours : l’entretien des infrastructures municipales et la lutte contre l’itinérance. Le président de l’UMQ, Guillaume Tremblay, a salué les positions claires des partis sur l’itinérance, tout en soulignant le besoin d’engagements plus précis concernant les infrastructures.
Les infrastructures municipales au Québec, qu’elles soient petites ou grandes, vieillissent et nécessitent des investissements massifs. Les maires ont souligné que les municipalités manquent de moyens financiers pour les remettre à niveau. Les chefs des partis ont proposé des solutions variées. Le Parti libéral du Québec (PLQ) propose d’augmenter la part réservée aux infrastructures municipales dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) de 4,4 % à 8 %, avec un budget de 195 milliards de dollars sur 25 ans, dont 75 % dédiés au maintien des actifs. Québec solidaire (QS) prévoit 2 milliards de dollars supplémentaires pour les infrastructures municipales, en plus des 23 milliards alloués aux transports collectifs. La Coalition avenir Québec (CAQ) promet 1 milliard de dollars sur 10 ans, prioritairement pour les infrastructures d’eau, avec une simplification des demandes de financement pour les petites municipalités.
L’itinérance est un enjeu majeur au Québec, avec une augmentation significative ces dernières années. Les maires ont appelé à des mesures fortes, qualifiant la situation de « traitement choc » nécessaire. Tous les chefs de parti ont abordé ce sujet. Le Parti conservateur propose la formation de 125 médecins communautaires par an. Le Parti québécois (PSPP) s’engage à réduire l’itinérance de moitié d’ici 2030 avec un budget de 1 milliard de dollars sur quatre ans, dont 600 millions pour les programmes sociaux et 400 millions pour le logement adapté. Québec solidaire promet 375 millions de dollars pour construire 6 000 logements pour les personnes en situation d’itinérance, intégrés à un plan de 50 000 logements hors marché. La CAQ propose un fonds d’urgence de 250 millions de dollars, tandis que le PLQ promet 60 millions de dollars par an pendant quatre ans sans cible précise.
Une annonce inattendue a marqué le sommet : la fin de l’obligation pour les municipalités de céder des terrains au gouvernement pour la construction ou l’agrandissement d’écoles. Cette mesure, instaurée en 2020 par le gouvernement Legault, a été critiquée pour son coût et la perte de revenus fonciers pour les villes. Christine Fréchette (CAQ), Charles Milliard (PLQ) et Éric Duhaime (Parti conservateur) se sont engagés à l’abolir. Québec solidaire a rappelé qu’il réclamait cette abolition depuis trois ans et avait même déposé un projet de loi en 2025 pour indemniser les municipalités concernées. Cette mesure vise à alléger les dépenses des villes et à leur redonner une marge de manœuvre financière.

