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Généraliste

Des publicités pro-Trump financées à même les fonds publics comparées à de la propagande

ICI Radio-Canada · mis à jour 29 sept.

Les démocrates, mais aussi des experts en éthique, comparent cette démarche à de la propagande..

Publicités Trump financées

L’administration de Donald Trump diffuse depuis septembre 2026 trois publicités télévisées aux frais des contribuables américains, selon une estimation de la firme AdImpact, pour un coût total dépassant 1,7 million de dollars. Ces annonces, d’une durée de 16 à 30 secondes, mettent en scène le président dans des messages politiques, comme une promesse de vaincre le communisme ou de démanteler « l’État profond ». L’une d’elles reprend presque à l’identique un spot diffusé sur Truth Social pendant sa campagne présidentielle de 2024, à l’exception d’un avertissement final indiquant qu’elle est « payée par le gouvernement des États-Unis ». Ces publicités ont été diffusées lors d’événements sportifs comme des matchs de la Ligue nationale de football, d’émissions comme Saturday Night Live, et d’émissions d’information dominicales.

Accusations de propagande

Ces publicités sont critiquées pour leur ton partisan, qualifié de propagande par des démocrates, des républicains et des experts en éthique. Par exemple, le représentant démocrate Mike Levin a dénoncé sur X (anciennement Twitter) un usage illégal des fonds publics à des fins politiques, tandis que l’ancien conseiller juridique Norm Eisen a évoqué une possible corruption. La Maison-Blanche se défend en affirmant qu’il s’agit de messages d’intérêt public à caractère éducatif et patriotique, comparables à des campagnes précédentes comme celle de vaccination contre la COVID-19 sous l’administration Biden. Cependant, des élus des deux bords, dont le sénateur républicain John Kennedy, ont exprimé leur désaccord, soulignant qu’aucun représentant de l’État ne devrait utiliser des fonds publics pour sa propre promotion.

Contexte politique tendu

Ces publicités sont diffusées à quelques semaines des élections de mi-mandat de novembre 2026, qui pourraient priver les républicains de leur majorité à la Chambre des représentants et éventuellement au Sénat. Donald Trump, dont les sondages sont au plus bas, a appelé ses partisans à agir comme si son nom figurait sur les bulletins de vote, une stratégie visant à mobiliser sa base électorale plutôt qu’à convaincre les électeurs indépendants. La Maison-Blanche justifie ces messages par la nécessité de rappeler aux Américains les valeurs du pays, notamment face à des menaces comme le communisme ou les « mondialistes ». Pourtant, des groupes comme Public Citizen ont déposé une plainte auprès des agences fédérales, estimant que ces publicités violent les règles interdisant l’utilisation de fonds publics à des fins partisanes.

Risques juridiques et éthiques

Plusieurs experts et élus ont souligné que ces publicités pourraient enfreindre des lois fédérales, comme la loi Hatch, qui interdit aux employés de l’administration fédérale de participer à des activités politiques partisanes dans le cadre de leurs fonctions. Richard Painter, ancien conseiller juridique sous George W. Bush, a comparé cette pratique à celle de pays comme l’Iran ou la Corée du Nord, où la propagande gouvernementale est courante, mais illégale aux États-Unis. Des poursuites pourraient être engagées par des groupes de défense de la démocratie, comme ceux cofondés par Norm Eisen. La Maison-Blanche n’a pas précisé quel département ou agence était responsable de la création et du financement de ces publicités, ajoutant à la confusion sur leur légalité.

Ce que ça pourrait changer

La diffusion de ces publicités a suscité des réactions bipartisanes. Si des républicains comme Thomas Massie ont critiqué l’utilisation des fonds publics pour des publicités de campagne, d’autres, comme Kristi Noem ou John Kennedy, ont exprimé leur désaccord sans aller jusqu’à condamner ouvertement Donald Trump. Les démocrates, en revanche, ont été unanimes dans leur critique, avec des élus comme Mike Levin qualifiant ces messages de propagande illégale financée par les impôts des citoyens. La Maison-Blanche a maintenu sa position, affirmant que ces publicités ne visaient pas à soutenir une campagne électorale, mais à promouvoir des valeurs patriotiques, bien que leur ton et leur contenu s’apparentent clairement à des messages politiques.

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