1 milliard d'euros pour le Fonds vert : une hausse loin des besoins
« Les moyens seront là. » Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la Transition écologique, a annoncé le 23 août sur Franceinfo que la somme allouée au Fonds vert allait augmenter, et être portée à 1 milliard d'euros, dans le projet de budget de l'État prévu pour l'année 2027.
Le Fonds vert est un dispositif financier créé par l’État français en 2023 pour soutenir la transition écologique. Il vise à financer des projets locaux comme l’isolation des bâtiments, la rénovation urbaine ou le développement des énergies renouvelables. En 2024, son budget a été augmenté à 1 milliard d’euros, contre 500 millions d’euros en 2023. Ce fonds s’inscrit dans le cadre de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), un plan visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France de 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990. Cependant, selon plusieurs acteurs, ce montant reste insuffisant face aux besoins estimés à plusieurs dizaines de milliards d’euros pour atteindre les objectifs climatiques du pays.
Malgré la hausse du budget du Fonds vert à 1 milliard d’euros en 2024, cette somme est jugée largement insuffisante par des associations environnementales et des collectivités locales. Par exemple, la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) estime que les besoins réels pour la transition écologique des territoires s’élèvent à au moins 20 milliards d’euros par an. De même, le Réseau Action Climat souligne que le Fonds vert ne couvre qu’une infime partie des investissements nécessaires, notamment pour la rénovation énergétique des logements ou le développement des transports propres. Cette situation pourrait freiner la réalisation des objectifs climatiques de la France, alors que le pays est déjà en retard sur plusieurs indicateurs.
Plusieurs acteurs critiquent le montant alloué au Fonds vert. Parmi eux, des associations comme Greenpeace France ou Les Amis de la Terre dénoncent un manque d’ambition budgétaire, tandis que des élus locaux, comme ceux de la Métropole de Lyon, soulignent que les aides proposées sont souvent trop limitées pour des projets concrets. Le gouvernement, représenté par la Ministère de la Transition écologique, défend cette enveloppe en mettant en avant des dispositifs complémentaires, comme les Certificats d’économies d’énergie (CEE) ou les fonds européens. Cependant, ces alternatives ne suffisent pas à combler le déficit de financement, selon les observateurs.
Les projets prioritaires financés par le Fonds vert incluent principalement la rénovation énergétique des bâtiments publics et privés, le développement des mobilités douces (vélo, transports en commun) et la protection de la biodiversité. Par exemple, en 2024, 300 millions d’euros sont dédiés à la rénovation des écoles et des mairies, tandis que 200 millions d’euros sont alloués aux projets de végétalisation urbaine. Cependant, ces montants restent modestes comparés aux besoins estimés. Les collectivités locales, qui portent une grande partie de ces projets, doivent souvent compléter le financement avec leurs propres budgets, ce qui limite leur capacité à agir.
La France se situe en dessous de la moyenne européenne en termes de financement de la transition écologique. Par exemple, l’Allemagne consacre environ 40 milliards d’euros par an à des fonds similaires, tandis que les Pays-Bas allouent 15 milliards d’euros annuels à des projets climatiques. Cette différence s’explique en partie par des priorités budgétaires distinctes, mais aussi par des mécanismes de financement plus ambitieux, comme des taxes carbone ou des fonds européens mieux mobilisés. En France, la dépendance aux budgets nationaux et la complexité administrative freinent l’efficacité des dispositifs existants.

