“Le sionisme est un racisme” : les Verts britanniques adoptent dans la douleur une motion controversée
Les membres du Green Party, deuxième force politique de gauche outre-Manche derrière le Labour, au pouvoir, ont voté le 4 octobre pour qualifier le sionisme de racisme, contre l’avis des principales figures du parti. Le débat, loin d’être nouveau, risque d’alimenter les accusations d’antisémitisme et de couler les ambitions électorales du parti, analyse la presse britannique..
Le 4 octobre 2026, les membres du Green Party britannique, deuxième force politique de gauche au Royaume-Uni après le Labour au pouvoir, ont adopté une motion controversée lors de leur congrès à Brighton. Par 209 voix contre 1 022 votants, le texte qualifie le sionisme de racisme et appelle à la création d'un État palestinien unique et démocratique. Cette décision, soutenue par le co-vice-dirigeant Mothin Ali, a été vivement contestée par quatre des cinq députés verts, dont l'ancienne leader Caroline Lucas et l'actuelle co-vice-dirigeante Rachel Millward. Ces dernières ont mis en garde contre le risque d'être perçus comme un parti antisémite, une accusation qui pourrait nuire aux ambitions électorales du parti.
Le vote s'est déroulé dans une atmosphère tendue, avec des interventions houleuses. Ellie Chowns, cheffe de file des Verts à Westminster, a été huée par l'assistance lors de son discours contre la motion. Le Times a critiqué cette décision dans son éditorial, soulignant que le débat sur la pollution ou les énergies renouvelables aurait dû être prioritaire. Cette motion ravive un débat ancien au sein du parti, où les positions pro-palestiniennes et anti-sionistes s'affrontent depuis des années. Le Green Party se retrouve ainsi divisé entre ses valeurs écologistes et ses prises de position sur le conflit israélo-palestinien.
Cette décision intervient dans un contexte où le Green Party cherche à se distinguer des autres partis de gauche britanniques, notamment le Labour, tout en évitant les accusations d'antisémitisme qui pèsent sur certains mouvements pro-palestiniens. Le parti, bien que minoritaire, joue un rôle clé dans le paysage politique britannique, notamment à travers ses cinq députés à Westminster. La motion adoptée risque cependant de compliquer ses relations avec les communautés juives et de fragiliser sa crédibilité sur la scène internationale, où le sionisme est souvent associé à la création de l'État d'Israël en 1948.
La presse britannique, comme *The Times*, a vivement critiqué cette motion, la qualifiant de déviance par rapport aux priorités écologistes du parti. Les opposants à la motion, parmi lesquels des figures historiques du *Green Party*, craignent que cette prise de position ne détourne l'attention des enjeux environnementaux et ne renforce les stéréotypes antisémites. Le parti se retrouve ainsi sous le feu des projecteurs, avec un risque de perte de soutien électoral et de division interne, dans un contexte où les élections générales britanniques approchent.

