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Société

David Suzuki refuses to give young people ‘hopium’ about the future

Ricochet · mis à jour il y a 24 j

On In Bed with the Elephant, the legendary environmentalist reflects on his legacy, why he believes climate catastrophe can no longer be avoided, and why preparing our communities is now more urgent than promising hope The post David Suzuki refuses to give young people ‘hopium’ about the future appeared first on Ricochet..

David Suzuki à 90 ans

David Suzuki, figure emblématique de la défense de l'environnement au Canada, célèbre ses 90 ans en exprimant un bilan mitigé de son engagement. Dans un entretien pour le podcast In Bed with the Elephant, il déclare avoir « échoué » à convaincre le public que l'économie repose sur l'exploitation des ressources naturelles. Suzuki, connu pour ses émissions La Nature des choses et Quirks and Quarks sur les ondes de la CBC, souligne que malgré des décennies de plaidoyer, la société continue de privilégier la croissance économique au détriment de l'environnement. Il critique cette dichotomie persistante où l'environnement « perd toujours ». Son message repose sur l'idée que le modèle économique actuel est incompatible avec la préservation des écosystèmes.

Crise climatique : trop tard ?

Suzuki affirme que, concernant la crise climatique, il est « trop tard » pour sauver la majorité des espèces vivantes sur Terre. Selon lui, l'humanité a déjà franchi sept des neuf limites planétaires (ou planetary boundaries), des seuils critiques définis par la science pour maintenir des conditions de vie stables. Ces limites incluent, par exemple, la concentration de CO₂ dans l'atmosphère ou la déforestation. Suzuki rappelle qu'en 1988, lors de la première conférence internationale sur le climat, une action mondiale coordonnée aurait pu inverser la tendance. Depuis, les pays riches comme le Canada ont ignoré les recommandations des scientifiques, aggravant la situation. Il évoque une douleur personnelle en imaginant le monde que ses petits-enfants habiteront, tout en refusant de leur offrir un faux espoir, qu'il qualifie de « hopium ». Pour lui, l'espoir doit naître d'une confrontation honnête avec la réalité scientifique.

Préparer les communautés

Face à l'impossibilité de stopper le réchauffement climatique, Suzuki propose une approche pragmatique : renforcer la résilience des communautés locales. Il cite l'exemple de la Finlande, où les citoyens sont encouragés à se préparer aux catastrophes naturelles (inondations, sécheresses, tempêtes) en connaissant leurs voisins et les ressources disponibles. Selon lui, les gouvernements ne pourront pas répondre avec suffisamment de rapidité ou d'efficacité lors de ces crises. Suzuki insiste sur la nécessité pour chaque communauté de réduire son empreinte écologique, c'est-à-dire son impact sur l'air, l'eau et les sols. L'objectif est de limiter les dégâts en agissant à l'échelle locale, avant que les catastrophes ne surviennent.

Critique de Mark Carney

Suzuki critique vivement le Premier ministre canadien Mark Carney, malgré sa réputation d'expert en climat. Ancien Envoyé spécial de l'ONU pour l'action climatique et la finance, Carney est perçu par Suzuki comme quelqu'un qui comprend la gravité de la crise, contrairement à des prédécesseurs comme Stephen Harper. Cependant, Suzuki lui reproche de ne pas agir avec l'urgence requise. Pour Suzuki, Carney et les autres dirigeants traitent la nature comme une ressource à exploiter pour en tirer profit, alors qu'elle fait partie intégrante de l'humanité. Il rappelle que l'air que nous respirons fait partie de nous : il n'existe pas de séparation entre l'être humain et son environnement. Cette vision souligne l'urgence de repenser notre rapport à la nature.

Ce que ça pourrait changer

Suzuki revient sur son enfance marquée par l'internement de sa famille dans un camp japonais en Colombie-Britannique pendant la Seconde Guerre mondiale. Ses grands-parents, émigrés au Canada au début du XXe siècle, n'ont jamais pu lui transmettre leur culture japonaise, car ils ne parlaient pas anglais. Pendant la guerre, sa famille a été considérée comme des « ennemis étrangers » par le gouvernement canadien. Son père a été envoyé dans un camp pour construire la Transcanadienne, tandis que sa mère et ses sœurs ont été internées. Plus tard, Suzuki a refusé une compensation financière, la jugeant indigne, car elle aurait signifié l'oubli de cette injustice. Il voit dans cette expérience un échec de la démocratie canadienne et un rappel des injustices subies par les peuples autochtones, qu'il considère comme la plus grande injustice de l'histoire du pays.

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