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Droit

Myanmar : l’armée accusée de mener des attaques délibérées contre les civils

ONU : Droits humains · mis à jour il y a 22 j

Torture, violences sexuelles, frappes aériennes contre des habitations et des écoles. L’armée du Myanmar a mené une campagne soutenue d’attaques délibérées contre les civils, selon des enquêteurs indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies..

Contexte politique

Le Myanmar traverse une crise politique majeure depuis février 2021, date à laquelle l’armée (junte militaire) a renversé le gouvernement civil élu. Cette prise de pouvoir a entraîné l’arrestation de dirigeants civils comme le président Win Myint et la conseillère d’État Aung San Suu Kyi. La répression des manifestations pacifiques qui a suivi a provoqué une escalade de violence, poussant des groupes armés à s’organiser pour résister à la junte. Aujourd’hui, ces forces d’opposition contrôlent une partie importante du territoire birman. Les élections organisées en janvier 2026 ont coïncidé avec une intensification des attaques contre les civils, selon un rapport indépendant publié en août 2026 couvrant la période de juillet 2025 à juin 2026.

Violences contre civils

Un mécanisme d’enquête indépendant, le Mécanisme international indépendant chargé de rassembler des preuves des crimes les plus graves commis au Myanmar (IIMM), accuse l’armée birmane de mener des attaques délibérées contre les civils. Ces violences incluent des frappes sur des habitations, des écoles, des hôpitaux, des lieux de culte et des camps de déplacés. Les enquêteurs ont identifié des unités militaires responsables dans plusieurs cas. Par exemple, des pilotes de paramoteurs (petits engins volants motorisés) auraient coupé leur moteur en approche pour attaquer sans alerte préalable, rendant toute fuite impossible. L’armée utilise aussi de plus en plus de drones et de munitions explosives non guidées, ce qui complique la protection des populations. Ces méthodes visent à semer la terreur et à affaiblir la résistance civile.

Crimes des groupes armés

Le rapport de l’IIMM ne cible pas uniquement l’armée birmane. Il met également en cause des groupes armés opposés à la junte, comme l’Armée d’Arakan (AA), active dans l’État de Rakhine (sud-ouest du Myanmar). Cette organisation est accusée de violences contre la minorité rohingya, une population musulmane persécutée depuis des décennies. Les enquêteurs documentent des viols de femmes rohingyas, des exécutions sommaires, le recrutement forcé d’enfants de moins de 15 ans, ainsi que la destruction de mosquées et la réquisition de terres pour y installer des populations non-rohingyas. Ces actes pourraient constituer des crimes internationaux graves, selon les termes du rapport.

Torture et répression

Le rapport révèle aussi des cas généralisés de torture et de violences sexuelles dans les centres de détention contrôlés par l’armée. Ces exactions sont souvent liées à une loi adoptée en 2025, qui criminalise les critiques envers les élections organisées par la junte. Les personnes condamnées pour avoir publié des commentaires en ligne peuvent écoper de peines allant jusqu’à 20 ans de prison, voire de la peine de mort. Ces mesures visent à étouffer toute opposition et à imposer un contrôle absolu sur la population. Les enquêteurs soulignent que ces pratiques aggravent la souffrance des civils, déjà victimes de violences physiques et psychologiques.

Ce que ça pourrait changer

Pour étayer ses conclusions, l’IIMM s’appuie sur un corpus de **plus de 1 600 sources**, dont **750 témoignages**, des photographies, des vidéos, des éléments médico-légaux et des images satellites. Ces preuves permettent non seulement de documenter les crimes commis depuis plus de cinq ans, mais aussi d’identifier les responsables potentiels. Le président du groupe d’enquête, **Nicholas Koumjian**, a déclaré lors d’une conférence de presse que chaque élément recueilli correspond à une vie brisée. L’objectif est de préparer des poursuites judiciaires futures, afin que les auteurs de ces crimes répondent de leurs actes devant la justice internationale.

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