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Cet économiste de renommée mondiale est formel : la taxe foncière est un impôt « extrêmement injuste » qu’il faudrait modifier rapidement

Presse-Citron · mis à jour il y a 16 j

Cet impôt touche de la même façon des profils très différents..

Piketty critique la taxe

L’économiste français de renommée mondiale Thomas Piketty, professeur à l’École d’économie de Paris et auteur de l’ouvrage Le Capital au XXIe siècle, a qualifié la taxe foncière d’impôt « extrêmement injuste » lors d’une intervention récente sur BFM. Ce jugement s’appuie sur le constat que cette taxe, qui touche les propriétaires immobiliers, pénalise de manière identique des profils financiers très différents. Par exemple, un propriétaire endetté à hauteur de 290 000 € pour un logement de 300 000 € paie le même montant qu’un propriétaire sans emprunt et disposant d’un patrimoine de 3 millions d’euros. Selon Piketty, cette situation est d’autant plus injuste que le patrimoine net du premier est de seulement 10 000 € après remboursement de son crédit.

Origines et évolution

La taxe foncière, créée à l’époque de la Révolution française, n’a que peu évolué depuis. À l’origine, elle était conçue pour taxer un patrimoine principalement immobilier, alors que les actifs financiers étaient rares. Aujourd’hui, cette taxe est calculée sur la valeur locative cadastrale du bien, un système qui ne tient pas compte de la situation financière réelle du propriétaire. Piketty souligne que cette imposition a doublé en 20 ans, avec une hausse moyenne de 93,4 % depuis 2006, bien que cette augmentation varie fortement selon les communes. Cette progression reflète une augmentation générale des prix de l’immobilier, mais aussi une absence de révision profonde du système.

Proposition de réforme

Pour corriger ces inégalités, Thomas Piketty propose de remplacer la taxe foncière actuelle par un impôt progressif sur le patrimoine net, c’est-à-dire après déduction des dettes. Cette réforme permettrait de réduire significativement la charge fiscale pour 90 % des Français, tout en maintenant ou en augmentant les recettes pour l’État. L’économiste explique que cette approche est nécessaire car la concentration du patrimoine est très élevée : les 10 % les plus riches possèdent une part majeure des actifs, et les 1 % ou 0,1 % les plus aisés détiennent une part encore plus disproportionnée. Une telle réforme ciblerait donc principalement les plus fortunés, tout en soulageant la majorité des contribuables.

Ce que ça pourrait changer

La proposition de Piketty s’inscrit dans un débat plus large sur la fiscalité du patrimoine en France. Elle intervient alors que la taxe foncière est perçue comme un impôt régressif, c’est-à-dire qu’elle pèse davantage sur les ménages modestes, souvent endettés pour accéder à la propriété. Les gouvernements successifs ont laissé cette taxe augmenter sans réformer son mode de calcul, ce qui a accentué les disparités. Une telle réforme nécessiterait une refonte du système fiscal, avec des implications politiques et économiques majeures. Elle soulève également des questions sur l’équilibre entre justice sociale et équité fiscale, ainsi que sur la capacité des collectivités locales à compenser une éventuelle baisse de leurs recettes.

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