L’envol de Merlin, ce chouette “Shazam des oiseaux”
Un oiseau qui pépie, crie, roucoule ou chante ? L’application gratuite Merlin, développée par l’université Cornell, à New York, permet à ses utilisateurs d’identifier plusieurs milliers d’espèces à partir d’un enregistrement sonore ou d’une photo. Et elle attire de plus en plus d’amateurs d’ornithologie, constate la presse internationale..
Merlin est une application gratuite d'identification des oiseaux développée par l'université Cornell, située à New York. Surnommée le Shazam des oiseaux par la presse internationale, elle permet d'identifier 2 066 espèces grâce à deux méthodes : l'enregistrement de leurs chants ou la prise d'une photo. Lancée en 2014, l'application a connu un succès fulgurant, avec 42 millions de téléchargements depuis sa création, dont 12 millions au cours des huit premiers mois de l'année 2026. Son nom fait référence à la chouette Merlin, une espèce d'oiseau de proie, et joue sur l'idée d'un outil intelligent et rapide, à l'image du service Shazam qui reconnaît les musiques. L'application est présentée comme une porte d'entrée vers un monde caché, celui de l'ornithologie, pour les amateurs comme pour les débutants.
Merlin fonctionne sur le principe de l'intelligence artificielle et de bases de données ornithologiques. L'utilisateur peut soit enregistrer le chant d'un oiseau à l'aide de son smartphone, soit prendre une photo de l'oiseau. L'application analyse ensuite le son ou l'image pour comparer les caractéristiques avec sa base de données et proposer une identification probable. Par exemple, elle peut distinguer une grive musicienne d'une bergeronnette des ruisseaux ou d'un pouillot véloce. L'application couvre un large éventail d'espèces, allant des oiseaux communs aux plus rares, comme le gros-bec casse-noyaux, un passereau capable de casser des noyaux avec son bec puissant. Merlin ne se limite pas à une simple reconnaissance : elle fournit aussi des informations complémentaires, comme des descriptions, des chants à écouter ou des conseils pour observer les oiseaux dans leur milieu naturel.
Le succès de Merlin est confirmé par des médias internationaux comme The Guardian et le Financial Times, qui soulignent son adoption massive par le public. En septembre 2026, l'application compte 42 millions de téléchargements, dont 12 millions en 2026 seulement. Ce phénomène a donné naissance à une communauté d'utilisateurs passionnés, surnommés les Merlineurs par la presse. Ces derniers partagent leurs observations, échangent des conseils et contribuent même à enrichir les données de l'application en signalant des espèces rares ou des chants inhabituels. Merlin est ainsi devenue bien plus qu'un outil : une plateforme collaborative qui fédère une communauté mondiale d'amateurs d'ornithologie, tout en démocratisant l'accès à cette discipline scientifique.
Merlin a marqué un tournant dans la perception de l'ornithologie, une discipline souvent perçue comme complexe ou réservée aux experts. Grâce à son accessibilité et à son approche ludique, l'application a attiré un public varié, des enfants aux adultes, en passant par les randonneurs et les citadins. Elle est citée comme un exemple de *science citoyenne*, où le grand public contribue activement à la collecte de données scientifiques. Des médias comme *The Guardian* décrivent une véritable *addiction* à l'application, comparant son impact à celui d'un réseau social dédié aux oiseaux. Merlin illustre ainsi comment la technologie peut transformer une activité de niche en un loisir accessible et engageant, tout en participant à la préservation de la biodiversité.

