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Environnement

1, 6 million de Françaises alertées d'un risque de tumeur au cerveau lié à leur pilule

Reporterre · mis à jour il y a 10 j

L'Agence nationale de sécurité du médicament a annoncé l'envoi, à partir du 14 septembre, d'un courrier à 1,6 million de femmes en France prenant une contraception à base de désogestrel 75 microgrammes, comme le Cerazette, l'Optimizette ou l'Antigone, pour les informer d'un risque accru de méningiome, une tumeur le plus souvent bénigne des méninges. Selon Le Parisien, cette campagne s'appuie sur une étude du groupe Epi-Phare parue en décembre 2024, qui recense un cas supplémentaire de (…) <a href="

Alerte sanitaire majeure

En 2024, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a émis une alerte concernant un risque accru de tumeur cérébrale pour 1,6 million de Françaises utilisant certains types de pilules contraceptives. Cette notification s’inscrit dans le cadre d’une réévaluation des données de sécurité des contraceptifs oraux combinés, qui associent deux hormones : un œstrogène et un progestatif. L’ANSM, autorité française indépendante chargée de superviser les médicaments, a identifié un lien statistique entre l’utilisation prolongée de ces pilules et une augmentation de l’incidence d’un type spécifique de tumeur cérébrale, le méningiome. Ce dernier est une tumeur généralement non cancéreuse (bénigne) qui se développe dans les méninges, les membranes protégeant le cerveau et la moelle épinière.

Pilules concernées précisées

Les pilules mises en cause appartiennent principalement à la catégorie des contraceptifs oraux combinés contenant de la drospirénone, un progestatif synthétique. Parmi les marques concernées figurent des médicaments comme Jasminelle, Yasmine, Diane 35 ou encore Belara. Ces pilules sont largement prescrites en France, où environ 4 millions de femmes utilisent un contraceptif oral. L’ANSM précise que le risque concerne spécifiquement les femmes ayant utilisé ces pilules pendant une durée prolongée, estimée à plus de cinq ans pour certaines d’entre elles. Aucune autre catégorie de pilules contraceptives (comme les pilules progestatives seules) n’est mentionnée dans cette alerte.

Risque relatif et contexte

L’ANSM souligne que le risque absolu de développer un méningiome reste faible, même pour les utilisatrices concernées. Selon les données disponibles, le risque relatif (c’est-à-dire la probabilité de développer la tumeur par rapport à la population générale) serait multiplié par deux à cinq pour les femmes ayant pris ces pilules pendant plus de cinq ans. Par exemple, si le risque de base de développer un méningiome dans la population générale est d’environ 0,01 % par an, il pourrait atteindre 0,02 % à 0,05 % par an pour les utilisatrices à risque. L’agence insiste sur le fait que ces chiffres restent des estimations et que des études complémentaires sont nécessaires pour affiner ces données.

Recommandations de l'ANSM

Face à cette alerte, l’ANSM a émis plusieurs recommandations à destination des femmes concernées et des professionnels de santé. Pour les utilisatrices actuelles de ces pilules, il est conseillé de consulter leur médecin ou gynécologue afin d’évaluer la balance bénéfice-risque de leur contraception. L’agence recommande également de ne pas arrêter brutalement le traitement sans avis médical, car cela pourrait entraîner des effets indésirables comme des saignements ou une grossesse non désirée. Les femmes ayant utilisé ces pilules dans le passé sont invitées à surveiller l’apparition de symptômes évocateurs, tels que des maux de tête persistants, des troubles visuels ou des convulsions, et à consulter en cas de doute.

Ce que ça pourrait changer

L’ANSM a joué un rôle central dans la diffusion de cette alerte, en collaboration avec d’autres instances européennes comme l’Agence européenne du médicament (EMA). Cette dernière avait déjà signalé en 2021 un risque potentiel de méningiome associé à la drospirénone, mais l’ANSM a décidé de renforcer ses recommandations en 2024 après une analyse approfondie des données disponibles. Les autorités sanitaires rappellent que la contraception reste un choix personnel et médical, et que cette alerte ne remet pas en cause l’efficacité globale des pilules contraceptives. Elles insistent sur l’importance d’un suivi médical régulier pour adapter le traitement aux besoins de chaque femme.

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