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Guerre commerciale : Mark Carney menace de poursuivre le propriétaire américain de Stelco

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 j

Stelco a directement lié la suppression de 500 emplois à Hamilton à la guerre commerciale de Donald Trump..

Contexte guerre commerciale

En 2025, les États-Unis, dirigés par le président Donald Trump, ont imposé des droits de douane de 50% sur l’acier importé de l’étranger, y compris du Canada, en invoquant l’article 232 de la Loi sur l’expansion du commerce. Cette mesure, appelée tarif douanier, consiste à taxer fortement les produits étrangers pour protéger l’industrie locale. Le Canada a riposté en appliquant des droits de douane similaires sur certains produits sidérurgiques américains. Ces tensions commerciales entre les deux pays, appelées guerre commerciale, ont des répercussions directes sur les entreprises comme Stelco, une aciérie ontarienne. L’article 232 est une disposition légale américaine permettant au gouvernement d’agir pour des raisons de sécurité nationale, un concept souvent utilisé pour justifier des mesures protectionnistes.

Licenciements chez Stelco

Le 30 septembre 2026, l’entreprise Stelco, basée à Hamilton en Ontario et propriété de l’américain Cleveland-Cliffs (société de l’Ohio), a annoncé la suppression de jusqu’à 500 emplois dans son usine ontarienne. Cette décision est directement liée aux tarifs douaniers américains sur l’acier canadien, qui rendent l’entreprise moins compétitive. Stelco a justifié cette mesure en invoquant la nécessité de préserver sa survie économique dans un marché devenu non viable. L’usine de Hamilton va suspendre ses activités de laminage à froid (un procédé de transformation de l’acier) et de revêtement (traitement de surface) pour une durée indéterminée, avec une réduction progressive des activités à partir du 9 octobre 2026. Certains employés pourraient être réaffectés à l’usine de Nanticoke, en Ontario, mais ni le nombre ni les délais ne sont précisés.

Réaction du gouvernement canadien

Le premier ministre canadien Mark Carney a vivement critiqué la décision de Stelco et de son PDG, Lourenço Gonçalves, qui avait publiquement soutenu les tarifs douaniers américains contre l’acier canadien. Lors d’une conférence de presse à Vancouver, M. Carney a déclaré que le gouvernement fédéral utiliserait tous les pouvoirs dont il dispose pour protéger les travailleurs et les entreprises canadiennes, sans préciser les mesures exactes. Il a également annoncé que des fonds pourraient être débloqués pour aider des entreprises comme Stelco à atténuer les effets de la guerre commerciale. Le gouvernement canadien a déjà riposté aux tarifs américains en imposant des droits de douane sur des produits sidérurgiques américains, mais cette fois, il menace d’engager des poursuites judiciaires contre Cleveland-Cliffs.

Historique et enjeux économiques

Stelco est une entreprise historique de l’industrie sidérurgique canadienne, fondée en 1910. En novembre 2024, elle a été rachetée par Cleveland-Cliffs pour 3,4 milliards de dollars canadiens, une transaction incluant à la fois des paiements en espèces et des actions. À l’époque, le PDG de Stelco, Alan Kestenbaum, avait souligné que cette acquisition plaçait les intérêts nationaux au premier plan et reconnaissait l’importance de la main-d’œuvre. Cependant, depuis le rachat, l’entreprise fait face à des défis majeurs en raison des tarifs douaniers américains et de la concurrence internationale. Le secteur de l’acier en Saskatchewan est également touché par ces mesures, illustrant l’impact plus large de la guerre commerciale sur l’économie canadienne.

Ce que ça pourrait changer

Un expert cité par Radio-Canada a souligné la nécessité pour Stelco de *diversifier ses marchés* pour réduire sa dépendance aux États-Unis. De son côté, **Frederic Fafard**, vice-président des ventes de Stelco, a qualifié les licenciements de *mesure regrettable mais nécessaire* pour assurer la survie de l’entreprise. La ministre canadienne de l’Industrie, **Mélanie Joly**, a contacté le PDG de Cleveland-Cliffs pour discuter d’un soutien financier, bien que les détails de cet échange ne soient pas publics. Cleveland-Cliffs n’a pas encore réagi aux menaces de poursuites judiciaires évoquées par Mark Carney. Les travailleurs licenciés et leurs familles sont au cœur des préoccupations, le premier ministre ayant déclaré que le gouvernement était prêt à les soutenir.

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