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Maladie du « foie gras » : des milliers de Français pourraient être concernés sans le savoir

Science & Vie · mis à jour 4 août

Des millions de Français vivent avec une MASH sans en avoir la moindre idée. La maladie s'installe dans le foie pendant des années, sans douleur ni signe visible.

Qu'est-ce que la MASH ?

La MASH (pour Maladie du Foie Gras, en anglais Metabolic Dysfunction-Associated Steatohepatitis) est une maladie chronique du foie qui se caractérise par une accumulation anormale de graisse dans les cellules hépatiques, associée à une inflammation. Contrairement à sa forme non inflammatoire (la stéatose hépatique simple), la MASH provoque des lésions progressives du foie, pouvant mener à une fibrose, une cirrhose ou même un cancer. Elle est souvent liée à des troubles métaboliques comme le diabète de type 2, l’obésité ou un excès de cholestérol. En France, elle toucherait des milliers de personnes sans qu’elles en aient conscience, car elle évolue silencieusement pendant des années. Contrairement à d’autres maladies du foie, elle ne provoque ni douleur ni symptôme visible au début, ce qui retarde son diagnostic.

Un diagnostic tardif

Le principal problème de la MASH réside dans son caractère asymptomatique : elle peut rester invisible pendant 10 à 20 ans, le temps que le foie subisse des dommages irréversibles. Les spécialistes estiment que des millions de Français pourraient être concernés, mais seulement une minorité a été diagnostiquée. En l’absence de symptômes, le dépistage repose sur des examens spécifiques comme une biopsie hépatique (prélèvement d’un échantillon de foie pour analyse) ou des techniques d’imagerie avancée comme l’élastographie (qui mesure la rigidité du foie). Pourtant, ces méthodes sont encore peu utilisées en routine, faute de sensibilisation des médecins et des patients. Les spécialistes appellent aujourd’hui à inverser cette tendance pour éviter des complications graves.

Les facteurs de risque

Plusieurs facteurs augmentent le risque de développer une MASH. Les plus fréquents sont l’obésité (30 % des adultes en France en 2023), le diabète de type 2 (5 % de la population française) et un taux élevé de triglycérides dans le sang. D’autres éléments, comme une alimentation déséquilibrée, la sédentarité ou une consommation excessive d’alcool, jouent également un rôle. Les personnes atteintes de ces troubles métaboliques sont particulièrement vulnérables, car la graisse s’accumule dans le foie en excès. Cependant, la MASH peut aussi toucher des individus minces ou sans diabète, ce qui complique son identification. Les experts soulignent l’importance de surveiller ces facteurs de risque pour prévenir la maladie.

Conséquences et enjeux

Si elle n’est pas détectée à temps, la MASH peut évoluer vers des complications graves. Environ 20 % des patients développent une fibrose avancée, et 10 à 15 % une cirrhose, une maladie irréversible qui peut nécessiter une greffe du foie. La MASH est aujourd’hui la première cause de greffe hépatique en Occident. En France, elle représente un enjeu de santé publique majeur, avec un coût économique et social élevé. Les spécialistes craignent une augmentation des cas dans les années à venir, en raison de la hausse de l’obésité et du diabète. Pourtant, des solutions existent, à condition d’agir tôt pour ralentir ou inverser la progression de la maladie.

Ce que ça pourrait changer

Face à l’urgence de la situation, les professionnels de santé plaident pour une meilleure détection de la MASH. Des campagnes de sensibilisation sont en cours pour informer les médecins et le grand public sur les signes indirects de la maladie, comme une fatigue persistante ou une augmentation inexpliquée des enzymes hépatiques. Des outils de dépistage simplifiés, comme des tests sanguins ou des algorithmes prédictifs, sont également à l’étude pour faciliter le diagnostic. En parallèle, des recherches sont menées pour développer des traitements ciblés, notamment des médicaments anti-inflammatoires ou des molécules visant à réduire la graisse hépatique. L’objectif est de réduire le retard de diagnostic et d’améliorer la prise en charge des patients avant que la maladie ne devienne irréversible.

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