“Particulièrement à risque”, la Côte d’Azur se prépare à la menace des tsunamis
Depuis le mois de juin, la ville de Nice et cinq communes appartenant à sa métropole ont reçu le label “Tsunami Ready” de l’Unesco, qui distingue les municipalités qui se sont préparées à ce type de catastrophe naturelle. Le magazine allemand “Der Spiegel” s’est rendu dans cette partie du bassin méditerranéen considérée comme “particulièrement à risque” en cas de séisme..
La Côte d'Azur, en France, est considérée comme une zone particulièrement à risque face aux tsunamis en raison de sa localisation géographique et de sa densité de population. Cette région se situe à seulement 20 kilomètres de la faille Ligure, une zone de fracture active où les plaques tectoniques africaine et eurasienne se rencontrent. Ces mouvements souterrains peuvent provoquer des séismes sous-marins, déclenchant des tsunamis. Selon le géographe Frédéric Leone de l’université de Montpellier Paul-Valéry, cité par le magazine allemand Der Spiegel, le bassin méditerranéen est la deuxième région du monde la plus touchée par les tsunamis, après le Pacifique. En 2022, l’Unesco avait alerté sur une probabilité de 100% qu’un tsunami de plus d’un mètre frappe cette zone dans les trente prochaines années.
La Côte d’Azur a déjà connu des tsunamis par le passé, confirmant ce risque. En 1887, un séisme sous-marin avait causé plus de 650 morts, principalement en Italie. En France, près d’Antibes et de Cannes, l’eau s’était d’abord retirée d’environ un mètre avant qu’une vague de 2 mètres ne submerge les plages. En 1979, un glissement de terrain sous-marin avait généré une vague de plusieurs mètres, faisant neuf morts et causant d’importants dégâts à Nice, Antibes et Cannes. Ces événements montrent que la région est vulnérable, avec un potentiel de dégâts humains et matériels majeurs, surtout en haute saison touristique où plus de 800 000 personnes pourraient être touchées.
Depuis juin 2026, six communes de la Métropole Nice-Côte d’Azur, dont Nice, Cagnes-sur-Mer et Villefranche-sur-Mer, ont obtenu le label « Tsunami Ready » décerné par l’Unesco. Ce label récompense les municipalités qui se préparent activement à ce type de catastrophe. À ce jour, environ 800 panneaux d’alerte ont été installés le long des routes côtières. Certains indiquent la direction à suivre pour s’éloigner de l’eau, tandis que d’autres, avec une vague noire sur fond jaune, signalent les « ZONES À ÉVACUER TSUNAMI ». En cas d’urgence, des alertes seront envoyées directement sur les téléphones portables des habitants et des touristes. Les consignes recommandent de s’éloigner d’au moins 200 mètres du rivage ou de se réfugier à plus de 5 mètres d’altitude.
La préparation ne se limite pas aux infrastructures. À terme, tous les professionnels en contact avec le public, comme les plagistes, serveurs, restaurateurs et hôteliers, devront suivre une formation aux situations d’urgence dispensée par la mairie et la protection civile. À Cannes, cette formation a déjà été mise en place pour les exploitants de kiosques de plage. L’objectif est de sensibiliser la population et les acteurs économiques aux gestes à adopter en cas de tsunami, réduisant ainsi les risques de panique et de pertes humaines. Cette approche proactive vise à transformer la vulnérabilité de la région en une capacité de résilience face à une menace inévitable.
Si la Côte d’Azur se prépare activement, ce n’est pas le cas dans tous les pays méditerranéens. Selon le sismologue allemand Alexander Rudloff, seulement la moitié des pays sollicités ont participé au dernier grand exercice de simulation de tsunami en 2023. Cette disparité souligne un enjeu majeur : la Méditerranée, bien que moins médiatisée que l’océan Pacifique, reste une zone à haut risque. La préparation inégale entre les pays augmente la vulnérabilité globale de la région, où la survenue d’un tsunami est présentée comme une **« question de temps »** par les experts. La coopération internationale et la mise en place de systèmes d’alerte harmonisés apparaissent donc comme des priorités pour limiter l’impact d’une future catastrophe.

