Ce ne sera pas 50 000, mais 100 000 emplois supprimés chez Volkswagen : le géant allemand n’arrive pas à sortir de la tourmente
Volkswagen entame la plus vaste restructuration de ses 89 ans d'histoire. Face à une concurrence chinoise féroce et des coûts vertigineux, la marque allemande annonce des mesures drastiques pour essayer de sauver son avenir..
Volkswagen a annoncé le Future Plan 2030, la plus grande restructuration de son histoire en 89 ans d'existence. Ce plan prévoit la suppression de 100 000 emplois d'ici 2030, soit le double des 50 000 initialement prévus. Le groupe, qui emploie environ 650 000 personnes dans le monde, vise à réduire ses coûts face à une concurrence accrue et à des difficultés financières. Quatre usines allemandes emblématiques (Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm) sont menacées, faute de nouveaux modèles attribués après 2031. Oliver Blume, PDG du groupe, qualifie ce plan de signal fort pour l'avenir et promet d'investir entre 100 et 200 milliards d'euros pour moderniser ses marques et les rendre plus compétitives.
La chute des ventes de Volkswagen en Chine, son principal marché, est un facteur clé de sa crise. Au premier semestre 2026, les livraisons y ont chuté de 31,6 %, en raison de la concurrence féroce des constructeurs locaux comme BYD ou Geely. Ces entreprises asiatiques proposent des véhicules électriques à des prix bien inférieurs, avec des coûts de production réduits. En Europe, Volkswagen subit également la pression des constructeurs chinois, qui bénéficient d'avantages compétitifs grâce à des coûts énergétiques et salariaux plus bas. Cette concurrence a entraîné une surcapacité industrielle estimée à plus de 500 000 véhicules par an en Europe.
La transition vers l'électrique s'avère plus complexe et coûteuse que prévu pour Volkswagen. Les coûts de production de ses véhicules électriques sont supérieurs d'environ 30 % à ceux de ses concurrents asiatiques. Plusieurs facteurs expliquent cette situation : la hausse des prix de l'énergie, les pressions douanières américaines (notamment les taxes sur les importations chinoises) et des investissements massifs nécessaires pour développer des batteries et des technologies logicielles. Résultat, le bénéfice après impôts du groupe a chuté de 30 % au premier semestre 2026, forçant Volkswagen à revoir drastiquement sa stratégie.
Pour réduire ses coûts et gagner en efficacité, Volkswagen prévoit de simplifier radicalement son offre commerciale. D'ici 2035, le groupe réduira de 50 % son portefeuille de modèles et diminuera de 75 % la complexité de ses options. L'objectif est de se concentrer sur des véhicules à gros volumes, permettant ainsi de réaliser des économies d'échelle. Cette mesure vise à éviter la surcapacité industrielle et à améliorer la rentabilité. Par exemple, certaines usines pourraient être reconverties ou fermées si elles ne reçoivent pas de nouveaux modèles à produire après 2031.
Volkswagen prévoit d'investir 135 milliards d'euros entre 2027 et 2031 dans des technologies d'avenir, notamment l'électrique, les architectures logicielles et les activités en Amérique du Nord. Le groupe cible une marge opérationnelle de 9 % d'ici 2030 et réduira d'un tiers ses participations et actifs non stratégiques pour recentrer ses activités. Sur le plan organisationnel, la gouvernance sera allégée : le pouvoir de validation du conseil de surveillance sera limité aux décisions stratégiques majeures, afin d'accélérer les prises de décision et d'améliorer l'agilité du groupe.

