Qu’est-ce que la COP17 sur la biodiversité, qui s’ouvre à Erevan ?
Ce lundi 19 octobre s’ouvre la 17e Conférence des parties de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, à Erevan, en Arménie. Mais l’optimisme est en berne alors que presque aucun des objectifs fixés il y a quatre ans pour stopper la perte de biodiversité d’ici à 2030 n’est en passe d’être atteint..
La COP17 sur la biodiversité est la 17e édition de la Conférence des parties (COP) de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique. Elle se déroule du 18 au 30 octobre 2026 à Erevan, en Arménie. Une COP est une réunion internationale où les pays signataires d’un traité se réunissent pour évaluer les progrès et négocier de nouvelles actions. La Convention sur la diversité biologique, adoptée en 1992 lors du Sommet de la Terre de Rio, vise trois objectifs principaux : préserver la biodiversité, utiliser durablement les ressources naturelles et partager équitablement les bénéfices issus des ressources génétiques. Cette convention a été ratifiée par 195 pays et l’Union européenne, mais pas par les États-Unis ni le Vatican. La COP17 est considérée comme cruciale car elle intervient à mi-parcours des objectifs fixés pour 2030 par l’accord de Kunming, adopté lors de la COP15 en 2022.
L’optimisme est faible à l’ouverture de la COP17, car presque aucun des 23 objectifs fixés en 2022 pour stopper la perte de biodiversité d’ici 2030 n’est en voie d’être atteint. Selon un rapport de l’ONU, 22 de ces objectifs risquent de ne pas être réalisés à moins d’une accélération rapide des actions. Par exemple, le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming prévoyait des mesures pour protéger les écosystèmes, réduire la pollution ou restaurer les habitats naturels, mais les progrès restent insuffisants. Le dernier rapport du WWF confirme que l’effondrement de la biodiversité se poursuit, avec un déclin de 69 % des populations de vertébrés entre 1970 et 2022. Les négociations s’annoncent donc difficiles, d’autant que certaines régions du globe, comme les États-Unis (qui ne sont pas signataires de la convention), ont réduit leur engagement en raison de changements politiques internes.
Les principaux enjeux de la COP17 incluent la révision des objectifs non atteints, la négociation de deux protocoles additionnels (protocole de Carthagène sur la biosécurité et protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques), ainsi que la recherche d’un accord sur la sécheresse et la désertification. Le protocole de Carthagène, adopté en 2000, encadre les mouvements transfrontaliers d’organismes génétiquement modifiés pour éviter des risques pour l’environnement. Celui de Nagoya, entré en vigueur en 2014, vise à garantir un partage équitable des bénéfices tirés de l’utilisation des ressources génétiques, notamment entre pays riches et pays en développement. Cependant, les résultats attendus sont jugés modestes par les observateurs, avec des désaccords persistants entre les délégations sur plusieurs sujets.
Plusieurs acteurs jouent un rôle central lors de cette COP17. Astrid Schomaker, secrétaire exécutive de la COP17, Hambardzum Matevosyan, ministre arménien de l’Environnement et président de la conférence, ainsi que António Guterres, secrétaire général de l’ONU, et Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), ont participé à la conférence de presse d’ouverture. L’UE a tenté de mettre en œuvre des mesures ambitieuses, comme le règlement sur la restauration de la nature, mais ces efforts ont suscité des débats politiques internes. D’autres pays, comme le Kazakhstan, ont lancé des projets concrets de réensauvagement, comme la réintroduction du tigre de la Caspienne. En revanche, des régions entières, notamment en Afrique ou en Amérique latine, font face à des défis majeurs en matière de protection de l’environnement.
La COP17 en Arménie est perçue comme un moment charnière pour évaluer les quatre dernières années de mise en œuvre des objectifs de Kunming et tenter de corriger le tir. Les négociations devraient se concentrer sur des mesures concrètes pour atteindre les cibles restantes d’ici 2030, avec une attention particulière sur la restauration des écosystèmes, la réduction de la pollution et la protection des espèces menacées. Cependant, les observateurs soulignent que les résultats pourraient être limités, en raison des divergences persistantes entre les pays et des contraintes politiques ou économiques. Comme le résume *The Guardian*, cette COP17 a toutes les chances de « cristalliser l’ensemble des désastres des quatre dernières années », tout en offrant une dernière opportunité pour inverser la tendance avant la date butoir de 2030.

