Aller au Japon et y vivre coûte de plus en plus cher
Tokyo durcit nettement l’accès à la résidence permanente avec des frais multipliés par vingt et des exigences de revenus et de langue renforcées. Explications de la « BBC »..
En juillet 2026, le Japon a multiplié par cinq le coût des visas pour les résidents étrangers. Cette augmentation s’inscrit dans une politique migratoire plus stricte mise en place par la Première ministre Sanae Takaichi depuis son arrivée au pouvoir en octobre 2025. Le pays fait face à une hausse de 10 % de sa population étrangère en un an, ce qui a conduit les autorités à durcir les conditions d’accès à la résidence permanente. Les frais pour obtenir ce statut ont ensuite été multipliés par vingt, atteignant environ 1 130 euros. Ces mesures visent à réguler l’immigration, mais elles rendent l’installation au Japon plus coûteuse pour les étrangers souhaitant s’y établir durablement.
Pour obtenir la résidence permanente, les candidats doivent désormais remplir des critères plus stricts. Outre le paiement des frais élevés, ils doivent justifier de revenus supérieurs à la moyenne japonaise, cotiser à une pension de retraite et maîtriser le japonais. Ces exigences linguistiques et financières entreront en vigueur en avril 2026. Les écoles de langues enregistrent un afflux d’inscriptions, tandis que les files d’attente s’allongent devant les administrations pour déposer les dossiers avant la hausse des prix. Ces règles visent à favoriser une « cohabitation ordonnée avec les étrangers », selon les autorités japonaises.
Certains expatriés, comme Micaiah Stevens, un Britannique vivant à Tokyo depuis dix ans, critiquent ces nouvelles mesures. Stevens estime que les étrangers sont traités avec « un peu trop de légèreté » et souligne que les exigences imposées, comme des revenus supérieurs à ceux des Japonais moyens, rendent l’installation plus difficile. Il souligne également les barrières linguistiques et culturelles déjà existantes, qui limitent l’attractivité du pays pour les talents étrangers. Pour lui, ces règles ne semblent pas avoir été conçues dans une perspective à long terme, alors que le Japon fait face à une pénurie de main-d’œuvre et à un déclin démographique.
Le Japon est confronté à une crise démographique marquée par un vieillissement rapide de sa population et une pénurie de main-d’œuvre. Malgré cela, les nouvelles règles migratoires rendent l’accès à la résidence permanente plus difficile et plus coûteux. Cette contradiction soulève des questions sur la stratégie du gouvernement. Les autorités justifient ces mesures par la nécessité d’une intégration harmonieuse des étrangers, mais les critiques pointent un paradoxe : comment attirer des travailleurs étrangers tout en rendant leur installation plus complexe et onéreuse ?

