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Portraits des candidats en lice pour le poste de secrétaire général de l’ONU

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 13 j

Quatre femmes et deux hommes veulent remplacer Antonio Guterres, dont le mandat prend fin en décembre..

Six candidats en compétition

Six personnes sont actuellement en lice pour succéder à Antonio Guterres au poste de secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), un rôle crucial dans un monde marqué par des conflits persistants et des divisions entre les grandes puissances. Parmi ces candidats, on compte quatre femmes et deux hommes, issus principalement d'Amérique latine, une région qui revendique traditionnellement ce poste. Le processus de sélection est complexe : le Conseil de sécurité de l'ONU, composé de 15 membres, doit d'abord proposer un candidat à l'Assemblée générale, qui l'approuve ensuite. Cependant, un veto de l'un des cinq membres permanents du Conseil (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) peut bloquer toute candidature, même soutenue par une majorité. À ce stade, aucun favori ne se dégage clairement, bien que certains noms, comme celui de Rafael Grossi, soient plus souvent mentionnés par les observateurs.

Michelle Bachelet : une figure engagée

Michelle Bachelet, 74 ans, est une figure politique chilienne bien connue, ancienne présidente du Chili de 2006 à 2010 puis de 2014 à 2018. Elle a également dirigé le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, un poste où elle a attiré des critiques, notamment de la Chine pour un rapport sur la situation des Ouïghours, et des États-Unis pour son soutien au droit à l'avortement. Bachelet défend l'idée d'un secrétaire général qui incarne la morale, même face aux pressions des grandes puissances. Sa candidature est soutenue par le Mexique et le Brésil, mais le Chili, son pays d'origine, lui a retiré son appui après l'élection d'un président d'extrême droite en 2021. Elle espère que le monde est enfin prêt à voir une femme occuper ce poste.

Maria Fernanda Espinosa : diplomatie équatorienne

Maria Fernanda Espinosa, 61 ans, est une ancienne ministre des Affaires étrangères et de la Défense de l'Équateur. Elle a également présidé l'Assemblée générale de l'ONU. Elle met en avant l'importance de l'ONU comme plateforme universelle pour relever les défis mondiaux, tout en appelant à une réforme de l'organisation. Elle propose notamment la création d'un mécanisme d'alerte précoce pour détecter et prévenir les conflits avant qu'ils n'éclatent. Sa candidature est portée par Antigua-et-Barbuda, mais pas par son pays d'origine, l'Équateur. Elle insiste sur la nécessité de moderniser l'ONU pour mieux répondre aux crises actuelles.

Rafael Grossi : expert en énergie nucléaire

Rafael Grossi, 65 ans, est un diplomate argentin à la tête de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) depuis 2019. Ce poste l'a placé au cœur de dossiers sensibles, comme le programme nucléaire iranien et la centrale ukrainienne de Zaporijjia, occupée par la Russie. Grossi est connu pour son approche directe et sa volonté de réformer l'ONU, estimant que le secrétaire général doit être plus présent sur le terrain. Il n'a pas quitté son poste pendant sa campagne, arguant que cela serait une faute professionnelle. Certains observateurs le voient comme un candidat sérieux, mais son positionnement radical pourrait compliquer son élection face aux grandes puissances.

Rebeca Grynspan : économiste et négociatrice

Rebeca Grynspan, 70 ans, est une économiste costaricienne, ancienne vice-présidente de son pays et actuelle directrice de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Elle a joué un rôle clé dans la négociation, en 2022, de l'initiative de la mer Noire, permettant l'exportation de céréales ukrainiennes malgré l'invasion russe. Issue d'une famille juive ayant survécu à l'Holocauste, elle critique l'ONU pour son manque d'action face aux conflits et son conservatisme. Elle plaide pour une organisation plus proactive dans la prévention des crises. Sa candidature est soutenue par le Costa Rica.

Carolyn Rodrigues-Birkett : jeune diplomate

Carolyn Rodrigues-Birkett, 52 ans, est l'ambassadrice du Guyana à l'ONU et l'ancienne ministre des Affaires étrangères de son pays. Elle est la plus jeune des six candidats. Elle propose de restaurer la crédibilité de l'ONU, souvent jugée uniquement sur sa capacité à maintenir la paix, alors qu'elle intervient aussi dans des domaines comme le développement et la défense des droits humains. Sa candidature est portée par le Guyana. Elle souligne que l'ONU doit être évaluée sur l'ensemble de ses missions, pas seulement sur la gestion des conflits.

Macky Sall : ancien président sénégalais

Macky Sall, 64 ans, est l'ancien président du Sénégal et le seul candidat issu d'un continent autre que l'Amérique latine, une région qui revendique traditionnellement le poste. Il met en avant le lien entre paix et développement, un thème central de sa campagne. Sa candidature, initialement présentée par le Burundi, a reçu le soutien du Sénégal cette semaine. Cependant, ce soutien est surprenant car Sall a été critiqué pour la répression violente de manifestations politiques au Sénégal entre 2021 et 2024, ayant causé des dizaines de morts. Malgré ces controverses, il reste en lice pour le poste.

Ce que ça pourrait changer

Le processus de sélection du secrétaire général de l'ONU est long et semé d'embûches. Le Conseil de sécurité, composé de 15 membres, doit d'abord proposer un candidat à l'Assemblée générale, qui compte 193 États membres. Pour être élu, un candidat doit obtenir l'appui d'au moins neuf des 15 membres du Conseil. Cependant, l'un des cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) peut opposer son veto, bloquant ainsi la candidature. Ce mécanisme rend le processus très politique et dépendant des rapports de force entre grandes puissances. Les candidats doivent donc naviguer entre les attentes des États membres et les intérêts géopolitiques des cinq membres permanents.

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