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Société

En Californie, les ours noirs envahissent les villes et il va falloir apprendre à vivre avec eux

Slate FR · mis à jour il y a 11 j

Ils étaient autrefois cantonnés aux montagnes et aux forêts. Désormais, les ours noirs s'aventurent jusque dans les banlieues de Los Angeles, attirés par la nourriture et l'eau..

L'ours noir en hausse

L’ours noir d’Amérique (Ursus americanus) est la seule espèce d’ours dont la population mondiale augmente, avec environ 800 000 individus répartis en Amérique du Nord. En Californie, leur nombre est estimé à 60 000, soit une densité élevée pour cette espèce. Contrairement à d’autres ours comme le grizzli ou l’ours polaire, l’ours noir est de taille modeste (entre 60 et 135 kg pour les mâles adultes) et évite généralement les conflits avec l’humain. Son régime alimentaire est omnivore, ce qui lui permet de s’adapter à des environnements variés, y compris urbains. Cette expansion s’explique par la résilience de l’espèce, capable de vivre dans différents climats, et par la réduction de son habitat naturel due à l’urbanisation et aux feux de forêt.

Expansion urbaine

Depuis une décennie, les ours noirs californiens étendent leur territoire vers les zones urbaines, notamment autour de Los Angeles. En 2025, des signalements d’ours dans des quartiers résidentiels ont été multipliés par six par rapport à 2015, passant de 425 à 2 735 cas enregistrés par le département de la pêche et de la faune sauvage de Californie. Ces animaux sont attirés par les sources de nourriture (poubelles, piscines, jardins) ou par la fraîcheur des espaces verts en ville. Par exemple, des ours ont été observés nageant dans des piscines privées ou fouillant les poubelles. Cette cohabitation forcée pose des défis aux habitants, habitués à une faune sauvage plus discrète.

Réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est un facteur majeur de cette invasion urbaine. Les sécheresses prolongées et les feux de forêt réduisent les ressources naturelles des ours dans leurs habitats montagneux, les poussant à chercher de la nourriture en ville. Une étude de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) confirme que ces dérèglements climatiques augmentent les interactions entre la faune sauvage et les humains aux États-Unis. Par exemple, en Floride, des paons ont envahi un village en 2023 pour les mêmes raisons. En Californie, cette dynamique crée des tensions, mais aussi des opportunités de cohabitation, comme l’explique Kathryn Barger, conseillère du comté de Los Angeles.

Réactions des habitants

Les réactions des Californiens face à ces nouveaux voisins varient. Certains, comme Brian Gordon à Monrovia, ont appris à coexister avec les ours. Après des mois de tensions, ils ont installé des caméras et des clôtures, puis ont créé un compte Instagram (@poolbearlife) pour documenter cette cohabitation. D’autres, comme Ken Johnson à Altadena, ont subi des dégâts matériels : un ours de 225 kg a détruit des conduits d’aération, provoquant une fuite de gaz. Johnson a fait appel à la Bear League, une association qui installe des tapis électrifiés pour éloigner les ours sans les blesser. Ces exemples illustrent les défis pratiques et émotionnels posés par cette proximité.

Risques de la proximité

Les experts, comme Arjun Dheer du département californien de la pêche et de la faune sauvage, mettent en garde contre les dangers d’une anthropomorphisation des ours. Donner des noms aux animaux ou les nourrir intentionnellement peut rendre les ours dépendants de la nourriture humaine, les rendant plus agressifs et moins craintifs. En 2026, Dheer souligne que « un ours nourri est un ours mort », car cela augmente les risques de conflits et de blessures. Les autorités encouragent donc à éviter toute interaction directe avec ces animaux et à sécuriser les sources de nourriture en extérieur pour limiter les tentations.

Ce que ça pourrait changer

Pour réduire les conflits, les solutions incluent des mesures de dissuasion non létales, comme les tapis électrifiés, les clôtures renforcées ou les systèmes de surveillance. La *Bear League* et d’autres associations proposent des formations pour apprendre à réagir en cas de rencontre avec un ours. Les habitants sont aussi incités à adopter des gestes simples : ne pas laisser de nourriture accessible, utiliser des poubelles sécurisées et éviter de s’approcher des animaux. Ces pratiques visent à préserver la sécurité des humains tout en maintenant la population d’ours noirs sauvage et résiliente. La cohabitation reste un apprentissage progressif pour les deux parties.

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