Dans le viseur de Trump, le loup pourrait perdre son statut d’espèce protégée
Donald Trump a signé le 4 septembre un décret ordonnant à son administration d’évaluer l’opportunité de retirer au loup son statut d’espèce protégée. Une mesure visant à séduire la filière bovine, refroidie par la récente décision de la Maison-Blanche de suspendre les droits de douane sur le bœuf importé, pour réduire le prix de la viande..
Le président américain Donald Trump a signé un décret le 4 septembre 2026 ordonnant à son administration d’évaluer la possibilité de retirer le loup gris et le loup mexicain de la liste des espèces protégées aux États-Unis. Cette mesure s’inscrit dans une décision plus large visant à soutenir la filière bovine américaine. En effet, fin août 2026, l’administration Trump a suspendu pour 90 jours les droits de douane sur les importations de bœuf, une décision controversée qui a mécontenté les éleveurs locaux. Le décret de Trump cherche ainsi à apaiser ce secteur en facilitant potentiellement l’abattage des loups, perçus comme une menace pour les troupeaux. Le ministère de l’Intérieur dispose de 90 jours pour rendre son avis sur cette question.
Le loup gris et le loup mexicain bénéficient actuellement d’un statut d’espèce protégée aux États-Unis depuis 1967. Ce statut interdit ou limite fortement leur abattage, sauf exceptions strictement encadrées. En 2025, on estimait à 7 600 le nombre de loups gris et à 317 celui des loups mexicains dans le pays, hors Alaska et Hawaï. Avant l’arrivée des colons européens en Amérique du Nord, leur population était estimée à 250 000 individus. Le décret de Trump propose donc de revenir sur cette protection, une mesure qui pourrait entraîner une augmentation des abattages autorisés par les éleveurs pour protéger leurs troupeaux.
La question du loup aux États-Unis cristallise un conflit historique entre deux groupes : les éleveurs, qui accusent les prédateurs de menacer leur activité en s’attaquant aux troupeaux, et les associations de défense des animaux, qui militent pour la protection de ces espèces. Les élus républicains des États de l’Ouest américain, où la présence du loup est forte, réclament depuis longtemps une réduction de sa protection. À l’inverse, des organisations comme le Wolf Conservation Center ou le Humane World Action Fund s’opposent fermement à cette mesure, la jugeant injustifiée et contraire à la préservation de la biodiversité. Le débat pourrait rapidement se retrouver devant les tribunaux.
Donald Trump n’en est pas à sa première tentative de réduire la protection du loup. En 2020, durant son premier mandat, il avait déjà levé les protections fédérales pour le loup gris dans une grande partie du pays. Cependant, un juge fédéral avait rétabli ces protections en 2022, à la demande d’associations de défense de la faune. Cette nouvelle initiative de 2026 pourrait donc suivre le même parcours judiciaire. Les détracteurs de Trump, comme Sara Amundson, présidente du *Humane World Action Fund*, estiment que cette mesure revient à faire payer le loup pour des décisions économiques impopulaires, notamment la suspension des droits de douane sur le bœuf importé, qui a fragilisé les éleveurs américains.

