Des ossements et des armes vieux de 4 000 ans suggèrent que ces princesses égyptiennes auraient été de redoutables guerrières
Une réanalyse de six squelettes royaux égyptiens du Moyen Empire suggère que des princesses de Dahchour maniaient les arcs, flèches et poignards enterrés avec elles..
Des fouilles archéologiques en Égypte ont révélé des ossements et des armes datant d’environ 4 000 ans, soit vers 2000 avant notre ère. Ces vestiges appartiennent à deux princesses égyptiennes, dont les sépultures avaient été découvertes précédemment. Les analyses montrent que ces femmes, issues de l’élite égyptienne, étaient enterrées avec des armes comme des haches, des lances et des flèches, ainsi que des bijoux en or. Cette découverte remet en question l’image traditionnelle des princesses égyptiennes, souvent perçues comme des figures symboliques ou religieuses, sans rôle militaire ou politique actif.
Les traces d’usure sur les os des princesses indiquent qu’elles ont subi des fractures compatibles avec des combats rapprochés. De plus, les armes retrouvées dans leurs tombes sont similaires à celles utilisées par les soldats égyptiens de l’époque. Ces éléments suggèrent qu’elles ont pu participer à des batailles ou des expéditions militaires, un rôle rarement attribué aux femmes dans l’Égypte ancienne. Les chercheurs soulignent que ces princesses pourraient avoir été des guerrières actives, voire des commandantes, bien que leur statut exact reste à préciser.
Cette période correspond à l’époque du Moyen Empire égyptien (vers 2050–1650 avant notre ère), une ère de stabilité et de développement culturel. À cette époque, l’Égypte était une civilisation puissante, mais les rôles des femmes dans la société restaient largement méconnus. Les princesses, membres de la famille royale, bénéficiaient d’un statut élevé, mais leur participation à des activités guerrières était exceptionnelle. Cette découverte pourrait indiquer une reconnaissance exceptionnelle de leurs compétences militaires, ou une exception liée à leur lignée.
Les chercheurs ont utilisé des techniques d’imagerie médicale, comme la tomodensitométrie (scanner 3D), pour étudier les ossements sans les endommager. Ils ont également analysé les armes et les bijoux par spectroscopie et datation au carbone 14 pour confirmer leur âge. Ces méthodes permettent de reconstituer les conditions de vie et les activités des défuntes avec une grande précision. Les résultats ont été comparés à des données archéologiques similaires pour valider les hypothèses sur leur rôle guerrier.
Si ces princesses étaient bien des guerrières, cela modifierait la perception des rôles féminins dans l’Égypte ancienne. Jusqu’à présent, les femmes de la noblesse étaient surtout associées à des fonctions religieuses ou administratives. Cette découverte pourrait révéler une diversité des rôles féminins dans les sociétés anciennes, bien au-delà des stéréotypes. Elle invite aussi à reconsidérer l’histoire militaire de l’Égypte, où les femmes étaient rarement mentionnées comme combattantes.

