NapseflowNapseflow
Société

On a cherché le meilleur moyen de nettoyer un cadavre et la réponse est un peu gluante, mais appétissante

Slate FR · mis à jour 6 juil.

Des chercheurs ont découvert que les vers de farine géants nettoyaient les squelettes d'animaux plus rapidement, à moindre coût et avec moins de risques que les méthodes utilisées aujourd'hui..

Problème des méthodes actuelles

Préparer des squelettes d'animaux pour des expositions muséales pose un défi majeur aux conservateurs. Les méthodes traditionnelles incluent l'utilisation de produits chimiques, d'enzymes pour dissoudre les chairs restantes ou le recours à des colonies de coléoptères dermestes, des insectes qui se nourrissent des tissus mous des cadavres. Ces approches présentent plusieurs inconvénients : elles sont coûteuses, peuvent endommager les os fragiles, et les traitements chimiques posent des risques pour l'environnement et la santé. De plus, les coléoptères dermestes peuvent s'échapper ou laisser des œufs non détectés, ce qui menace les collections des musées en provoquant des infestations. Ces limites rendent nécessaire la recherche de solutions alternatives, plus sûres et plus économiques.

Solution innovante : vers de farine

Des chercheurs iraniens et allemands ont découvert une méthode de nettoyage des squelettes plus efficace et moins risquée : l'utilisation de larves de vers de farine géants (Zophobas morio). Ces insectes, déjà utilisés comme nourriture pour animaux, se révèlent particulièrement adaptés pour dévorer les chairs restantes sur les cadavres. Selon Niloofar Alaei Kakhki, coautrice de l'étude, ils sont rapides, respectueux de l'environnement et faciles à entretenir. Leur principal avantage réside dans leur capacité à rester à l'état larvaire lorsqu'ils sont maintenus en grand nombre, évitant ainsi tout risque de transformation en coléoptères adultes, de fuite ou de reproduction incontrôlée.

Efficacité et avantages

Les tests menés par les chercheurs ont démontré l'efficacité des vers de farine géants pour nettoyer des squelettes de différentes tailles, allant de chauves-souris à de grands loups. Ils ont déterminé un ratio optimal de 10 à 15 grammes de vers pour chaque gramme de carcasse. Cette méthode est non seulement plus rapide que les techniques traditionnelles, mais elle préserve également les os délicats, contrairement aux enzymes ou produits chimiques qui peuvent les fragiliser. De plus, les vers de farine géants sont bon marché et facilement accessibles, car ils sont couramment élevés comme nourriture pour animaux de compagnie ou de ferme. Leur utilisation réduit les coûts et simplifie l'entretien des colonies pour les musées.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte pourrait transformer les pratiques des grands musées d'histoire naturelle, comme le *Natural History Museum* de Londres ou le *Smithsonian National Museum of Natural History* de Washington. Ces institutions pourraient adopter cette méthode pour préparer leurs collections de squelettes, en remplacement des techniques actuelles. Les avantages sont multiples : réduction des coûts, préservation optimale des os, respect de l'environnement et élimination des risques d'infestation. Les chercheurs soulignent que cette approche est *plus respectueuse de l'environnement*, *moins risquée* pour les collections et *plus simple à mettre en œuvre* que les méthodes traditionnelles, tout en offrant une efficacité comparable, voire supérieure.

Sujets complémentaires