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Géopolitique

Le Brésil peut faire basculer le trumpisme en Amérique

Le Grand Continent · mis à jour 29 sept.

La bataille pour Brasília décidera jusqu’où peut aller la recolonisation états-unienne du continent L’article Le Brésil peut faire basculer le trumpisme en Amérique est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Élection brésilienne 2026

Le Brésil organise le 4 et le 25 octobre 2026 un scrutin présidentiel serré, similaire à celui de 2022 où Luiz Inácio Lula da Silva (50,9 %) avait battu Jair Bolsonaro (49,1 %). Ce vote concerne aussi 513 sièges de la Chambre des députés, deux tiers des sièges du Sénat, ainsi que des gouverneurs et assemblées législatives des États. Le pays, première puissance économique et plus peuplé d'Amérique latine avec 214 millions d'habitants, se trouve à un carrefour politique majeur. Lula, candidat à sa réélection, représente une coalition défendant la démocratie, la lutte contre les inégalités (indice de Gini à 50,3 contre 45,2 en moyenne régionale) et la protection de l'environnement. Son colistier est Geraldo Alckmin, actuel vice-président.

Bolsonaro vs Lula

Flávio Bolsonaro, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, incarne l'extrême droite brésilienne pour ce scrutin. Condamné à 27 ans de prison pour sa tentative de coup d'État du 8 janvier 2023, Jair Bolsonaro voit son fils reprendre son héritage politique, malgré des tentatives de modération apparente. Flávio Bolsonaro utilise des symboles et des méthodes similaires à ceux de son père, comme des t-shirts aux couleurs nationales ou des meetings dans des lieux symboliques. Les deux camps s'affrontent sur un programme économique et politique opposant souveraineté nationale (Lula) et alignement avec les États-Unis (Flávio).

Contexte géopolitique tendu

Le scrutin brésilien s'inscrit dans un contexte géopolitique marqué par une stratégie américaine agressive. En novembre 2025, les États-Unis publient une National Security Strategy affirmant leur volonté de dominer l'hémisphère occidental, réduisant l'influence d'autres puissances comme la Chine. Cette doctrine, inspirée du corollaire Roosevelt de 1904, justifie des ingérences directes, comme en Argentine en 2025 ou au Honduras en décembre 2025. Le programme Bouclier des Amériques, lancé en mars 2026, vise à unifier les gouvernements d'extrême droite du continent contre les régimes perçus comme hostiles. Le Brésil, en raison de son poids économique et de ses liens avec la Chine, devient un enjeu central pour Washington.

Ingérences américaines au Brésil

Dès juillet 2025, les États-Unis imposent une taxe de 50 % sur les produits brésiliens, accusant le gouvernement de Lula de mener une « chasse aux sorcères » contre Jair Bolsonaro. En août 2026, des menaces pèsent sur les juges du Tribunal suprême fédéral (TSF), comme Alexandre de Moraes, qui avait suspendu le réseau social X pour désinformation. Le clan Bolsonaro, via Eduardo Bolsonaro (fils en fuite), tente d'obtenir une amnistie pour son père. En octobre 2026, les États-Unis exigent la participation des « dissidents politiques » aux élections pour réduire les droits de douane. Ces pressions s'intensifient en juillet 2026 avec de nouveaux tarifs douaniers de 25 % et la révocation de l'ambassadrice brésilienne à Washington.

Alliances et tensions continentales

Flávio Bolsonaro s'allie avec des figures d'extrême droite comme Javier Milei (Argentine) pour sceller une coalition continentale. Le programme Bouclier des Amériques, soutenu par des consultants proches de Trump comme Brad Parscale, vise à renforcer la coopération militaire et sécuritaire. En septembre 2026, des manifestations pro-Trump au Brésil brandissent des mannequins représentant Lula en prisonnier, illustrant l'alignement idéologique. Parallèlement, des groupes criminels brésiliens comme le Primeiro Comando da Capital sont désignés comme « organisations terroristes » par Washington, ouvrant la porte à des interventions militaires. Ces dynamiques créent un climat de confrontation entre les deux blocs politiques.

Scandale de la banque Master

Le scandale de la banque Master, liquidée en 2026, révèle un système de fraudes massives impliquant des versements à des personnalités politiques. Daniel Vorcaro, ancien président de la banque, a distribué des dizaines de millions d'euros à des gouverneurs, députés du Centrão (centre-droite), ministres et même Flávio Bolsonaro. Ce dernier est visé par une enquête pour avoir reçu des fonds pour un biopic sur son père, Dark Horse. Le scandale touche aussi la gauche : le sénateur Jaques Wagner (Parti des Travailleurs) et des juges du TSF, dont Alexandre de Moraes, sont suspectés de liens avec la banque. Ces révélations fragilisent les institutions et bénéficient à l'extrême droite, qui dénonce une justice partiale.

Ce que ça pourrait changer

Le scrutin brésilien de 2026 est perçu comme un test pour la démocratie en Amérique latine. Une victoire de Lula pourrait renforcer les résistances face à l'ingérence américaine, tandis qu'une victoire de Flávio Bolsonaro risquerait d'aligner le Brésil sur les politiques de Trump, avec des concessions économiques (accès aux terres rares, préférence commerciale pour les produits américains). Les tensions institutionnelles, comme les divisions au sein du TSF, et les scandales financiers ajoutent une couche d'incertitude. Les observateurs s'interrogent sur la capacité des États-Unis à reconnaître les résultats, surtout si Flávio Bolsonaro l'emporte, compte tenu des pressions exercées par Washington.

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