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Environnement

Étourdissement, démangeaisons… des algues rouges prolifèrent en Guadeloupe et affectent les pêcheurs

Reporterre · mis à jour 5 oct.

Depuis fin 2025, des algues rouges prolifèrent sur les côtes guadeloupéennes, causant des démangeaisons et nausées chez les marins, tout en faisant fuir le poisson. Les pouvoirs publics tentent de mieux saisir le phénomène.

Prolifération des algues rouges

En Guadeloupe, une prolifération d’algues rouges, scientifiquement appelées Gracilaria tikvahiae, est observée depuis plusieurs mois. Ces algues, naturellement présentes dans les eaux tropicales, se multiplient de manière anormale en raison de conditions environnementales favorables. Leur croissance rapide est favorisée par des températures élevées de l’eau, une salinité adaptée et une disponibilité accrue en nutriments, notamment en raison des rejets agricoles ou urbains. Ces algues forment des masses denses à la surface de l’eau, visibles sous forme de filaments ou de plaques rougeâtres. Leur prolifération perturbe les écosystèmes marins locaux et impacte directement les activités humaines, en particulier la pêche.

Symptômes sur les pêcheurs

Les pêcheurs guadeloupéens rapportent des symptômes inquiétants après avoir été en contact avec ces algues rouges. Parmi les effets les plus fréquents figurent des étourdissements, des maux de tête, des démangeaisons cutanées et des irritations des yeux. Ces réactions sont attribuées à la libération de toxines par les algues, notamment des composés organiques volatils (COV) et des métabolites secondaires. Les symptômes apparaissent généralement dans les heures suivant l’exposition et peuvent persister plusieurs jours. Les autorités sanitaires locales, comme l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Guadeloupe, ont été alertées et mènent des investigations pour évaluer l’ampleur du phénomène et ses causes exactes.

Impact économique local

La prolifération de ces algues rouges a des conséquences économiques majeures pour les pêcheurs guadeloupéens. Leur activité est directement menacée, car les zones de pêche sont contaminées et les prises diminuent. Les pêcheurs artisanaux, qui représentent une part importante de l’économie locale, voient leurs revenus chuter. Par exemple, certains d’entre eux ont signalé une baisse de 30 à 50 % de leurs captures depuis le début de l’année. Les professionnels du secteur craignent une aggravation de la situation, surtout si les algues continuent de se développer sans intervention. Les autorités locales tentent de trouver des solutions pour limiter les pertes financières, mais les mesures restent limitées à ce stade.

Rôle des autorités locales

Face à cette crise, les autorités guadeloupéennes, en collaboration avec des scientifiques et des experts en environnement, tentent de comprendre les causes de cette prolifération et d’y remédier. L’Office de l’Eau de Guadeloupe et la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) sont mobilisés pour analyser les échantillons d’eau et identifier les sources de pollution potentielles. Des campagnes de sensibilisation sont également organisées pour informer les pêcheurs et la population sur les risques liés à ces algues. Cependant, les solutions à long terme, comme la restauration des écosystèmes ou la régulation des rejets polluants, nécessitent des actions coordonnées et des investissements importants.

Ce que ça pourrait changer

Des chercheurs de l’*Institut de Recherche pour le Développement* (IRD) et de l’*Université des Antilles* étudient actuellement les caractéristiques de ces algues rouges et leurs effets sur la santé humaine et l’environnement. Leurs travaux visent à déterminer si cette prolifération est un phénomène temporaire ou le signe d’un déséquilibre écologique plus profond. Les scientifiques analysent notamment la composition chimique des algues, leur impact sur la biodiversité marine et les mécanismes de propagation. Leurs résultats pourraient aider à proposer des solutions durables pour limiter la prolifération et ses conséquences. Pour l’instant, aucune étude n’a encore permis d’identifier clairement la cause principale de cette explosion démographique des algues.

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