Le pape Léon XIV, acclamé par une marée humaine
Quelque 700 000 personnes s'étaient installées jusqu'à l'avenue de la Grande Armée pour suivre l'office..
Le pape Léon XIV, élu en mai 2025, effectue une visite officielle en France du 25 au 28 septembre 2026, marquant son premier déplacement dans l'Hexagone depuis son élection. Ce voyage, qui le mène à Paris, Lourdes et Metz, est organisé sous haute sécurité avec un budget de 27 millions d'euros. Il mobilise 17 000 bénévoles et 12 500 policiers ou gendarmes pour encadrer les événements. À Paris, le pape a célébré une messe solennelle en plein air sur la place de la Concorde, devant une foule estimée à 700 000 personnes selon le Vatican. Cette messe, d'une durée d'une heure et demie, a été retransmise en direct sur des écrans géants pour permettre à l'ensemble des participants de suivre le déroulement de la cérémonie.
Le pape Léon XIV a été accueilli avec un enthousiasme marqué par les fidèles, notamment le long des Champs-Élysées où une « marée humaine » de 300 000 personnes l'a acclamé vendredi, puis 80 000 jeunes au Stade de France le soir même. Pour la messe du samedi, des fidèles sont arrivés des heures à l'avance, certains équipés de chaises pliantes ou de tabourets, pour occuper les deux kilomètres de l'avenue de la Grande Armée jusqu'à l'Arc de Triomphe. Parmi eux, des familles, des groupes religieux ou des associations comme Magdala, un mouvement féministe catholique, ont déployé des banderoles pour promouvoir l'égalité des femmes au sein de l'Église. Les témoignages recueillis montrent une motivation variée : certains cherchent à vivre une expérience collective, d'autres à soutenir des causes sociales ou religieuses.
Léon XIV, petit-fils d'immigrés, a débuté sa journée par une visite à la Maison Bakhita, une association parisienne soutenant les migrants. Il y a souligné l'importance de l'accueil des exilés et de la construction de la paix, critiquant indirectement les politiques migratoires restrictives. Il a également rencontré de nouveaux baptisés en France, se disant « émerveillé » par leur nombre croissant. Sur le plan politique, sa visite a attiré plusieurs personnalités françaises, dont le premier ministre Sébastien Lecornu, l'ancien président Nicolas Sarkozy, et des candidats à l'élection présidentielle de 2027 comme Édouard Philippe, Gabriel Attal, Marine Le Pen et Jordan Bardella. Le président Emmanuel Macron, bien que n'assistant pas à la messe, était représenté par son épouse, Brigitte Macron.
Lors de ses discours, Léon XIV a insisté sur des valeurs comme la dignité humaine, la paix et la justice sociale, tout en appelant à une « civilisation de l'amour ». Il a aussi mis en avant le rôle des femmes dans la société et l'Église, une position qui a été relayée par des militantes présentes lors de la messe. Son élection en 2025, en tant que premier pape américain, a marqué un tournant dans l'histoire de l'Église catholique, avec une approche perçue comme plus ouverte et moderne. Son voyage en France s'inscrit dans une série de déplacements internationaux visant à promouvoir un message d'unité et de solidarité, comme en témoignent ses prises de position contre les attaques au Liban ou ses critiques envers l'exploitation des ressources en Angola.
La visite du pape en France a nécessité une organisation logistique et sécuritaire sans précédent. Dix stations de métro parisiennes ont été fermées pour faciliter les déplacements des fidèles et des autorités. Des autocars ont transporté des participants depuis plusieurs régions de France, tandis que des bénévoles et des forces de l'ordre ont assuré la gestion des flux de personnes et la sécurité des événements. Le budget de 27 millions d'euros couvre l'ensemble des mesures, incluant les dispositifs de surveillance, les infrastructures temporaires comme l'autel éphémère de la place de la Concorde, et les moyens de communication pour diffuser la messe. Cette mobilisation reflète l'importance symbolique et médiatique de la visite d'un souverain pontife dans un pays laïc comme la France.

