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Géopolitique

Les jambes et les aisselles poilues, un acte de rébellion politique

Courrier International · mis à jour 27 sept.

Si la tendance “full bush in a bikini” avait remis la pilosité féminine au cœur du débat public en 2025, d’après le site britannique “Dazed”, parce qu’ils sont à la fois plus exposés et moins érotisés, les poils des aisselles et des jambes des femmes sont encore sujets à controverses..

Pilosité féminine débat

En 2025, la tendance full bush in a bikini (littéralement gros buisson dans un maillot deux-pièces) a relancé le débat public sur la pilosité féminine, notamment celle des jambes et des aisselles. Cette expression désigne des poils visibles et fournis, portés de manière assumée dans des contextes où ils sont généralement cachés ou érotisés, comme sur les réseaux sociaux ou dans les médias. Selon le site britannique Dazed, cette tendance a mis en lumière un paradoxe : bien que les poils pubiens soient parfois célébrés, ceux des jambes et des aisselles restent controversés. En effet, ces derniers sont perçus comme moins esthétiques ou hygiéniques, alors que leur présence est un état naturel. Cette stigmatisation s’inscrit dans une logique de contrôle du corps des femmes, où les normes de beauté évoluent mais persistent sous des formes différentes.

Normes d'hygiène genrées

L’article souligne que la stigmatisation des poils féminins repose souvent sur un prisme de l’hygiène, une notion paradoxale puisque 78 % des hommes américains laissent leurs aisselles intactes sans que cela soit jugé peu hygiénique. En revanche, 66 % des hommes et 62 % des femmes au Royaume-Uni estiment qu’il est peu séduisant pour une femme d’avoir les jambes poilues, selon une étude YouGov de 2021. Cette double norme révèle que l’épilation est largement perçue comme une obligation sociale pour les femmes, même si elle est souvent mal vécue. Par exemple, 63 % des femmes britanniques interrogées déclarent avoir détesté l’expérience de l’épilation des aisselles, bien que 78 % d’entre elles l’aient pratiquée au moins une fois. Cette pression sociale pousse de nombreuses femmes à se conformer à des standards de propreté et de beauté qui ne s’appliquent pas aux hommes.

Poils visibles et rébellion

Les poils des jambes et des aisselles sont perçus comme un acte de rébellion politique, car ils défient les normes de beauté traditionnelles. Contrairement aux poils pubiens, souvent associés à la sexualité et donc érotisés, les poils des jambes sont considérés comme peu séduisants ou négligés. Cette perception est renforcée par le fait qu’ils sont plus exposés dans la vie quotidienne. Joanie O’Mara, une femme de 28 ans ayant arrêté de se raser, explique que les jambes poilues donnent une impression de négligence, car elles expriment une indifférence envers le regard des hommes. Esther Calixte-Béa, militante pro-poils, ajoute que ce choix n’est pas discret : il s’agit d’un geste fort, souvent interprété comme un rejet des attentes sociales liées à la féminité.

Poils et identité féminine

Avoir des jambes poilues est rarement associé à une tendance ou à un choix assumé, sauf pour des personnalités publiques lors d’événements médiatiques. Sinon, cette pilosité est souvent perçue comme un accident ou une négligence, comme si la femme avait oublié de s’épiler. Cette interprétation minimise la portée politique du geste, qui consiste à dire : Je me fiche que les hommes me trouvent attirante ou pas. Esther Calixte-Béa précise que les discussions sur les poils féminins portent souvent sur des duvets ou des poils peu visibles, ce qui limite leur impact subversif. En revanche, arborer des jambes poilues envoie un message clair de rejet des normes patriarcales, même si cela peut être mal perçu dans la sphère publique.

Contexte et acteurs clés

L’article mentionne plusieurs acteurs et contextes clés. Dazed est un site britannique qui a analysé les tendances autour de la pilosité féminine en 2025. YouGov est un institut de sondage ayant publié des données sur les perceptions de la pilosité au Royaume-Uni en 2021. Aux États-Unis, une étude de 2023 révélait que 70 % des femmes s’épilaient les aisselles au moins une fois par mois, tandis que 11 % ne le faisaient jamais. Amita Rao, actrice de la série Adults, est citée pour son refus de se conformer aux normes de beauté en affichant ses aisselles poilues. Enfin, Esther Calixte-Béa et Joanie O’Mara sont des militantes pro-poils qui défendent la naturalité des poils féminins comme un acte de résistance politique.

Ce que ça pourrait changer

L’article conclut en rappelant que *les poils ne sont pas une mode, c’est un état naturel*. Cette affirmation souligne que la pilosité féminine est avant tout une question de biologie, mais que son acceptation sociale dépend de normes culturelles et politiques. Le titre de l’article, *Les jambes et les aisselles poilues, un acte de rébellion politique*, résume cette idée : refuser de s’épiler n’est pas seulement un choix esthétique, mais une remise en question des structures patriarcales qui contrôlent le corps des femmes. Cette rébellion reste cependant marginale, car elle est souvent perçue comme un manque de soin ou une négligence plutôt que comme un geste politique assumé.

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