Poursuite : un professeur licencié pour avoir enseigné les impacts humains sur le climat?
Un professeur accuse l'administration Trump d'avoir instauré un « climat de peur » dans le milieu académique..
Adam Kalkstein, climatologue de 17 ans d'expérience, a été licencié par l'académie militaire West Point, située aux États-Unis, après avoir contesté un ordre interdisant d'enseigner les causes humaines (anthropogènes) des changements climatiques. Selon son avocat, Michael Sussman, cette décision serait liée à son opposition à cette politique imposée par l'administration Trump en mars 2025. West Point, fondée en 1802, est la plus ancienne académie militaire américaine. Kalkstein, seul professeur à enseigner cette discipline dans cet établissement, a été informé que son poste serait supprimé, puis a accepté de poursuivre son enseignement de manière contractuelle jusqu'à épuisement des fonds de recherche à son nom. En janvier 2026, son contrat n'a pas été renouvelé, malgré cet accord initial.
En novembre 2025, lors d'une rencontre avec le doyen de l'époque, Shane R. Reeves, Adam Kalkstein a exprimé son opposition à l'ordre d'exclure les causes humaines des changements climatiques de son enseignement. Selon la poursuite déposée en août 2026, il aurait déclaré : Je suis censé être un éducateur et un scientifique qui soutient les valeurs de l'armée, mais en ce moment, je suis un menteur et un escroc. Il aurait comparé cette situation à l'enseignement du droit sans mentionner la Constitution américaine. Le doyen aurait répondu : Qui est le commandant en chef ? Nous prenons les ordres du commandant en chef !, selon son avocat. Kalkstein affirme que la science n'était pas considérée comme une priorité. Cette confrontation illustre un désaccord profond entre l'approche scientifique et les directives politiques imposées.
Adam Kalkstein a déposé une poursuite contre West Point et trois de ses supérieurs en août 2026, invoquant une violation de son droit à la liberté d'expression, protégé par le premier amendement de la Constitution américaine. Il demande à retrouver son poste, une compensation financière et une reconnaissance des torts subis. Son avocat souligne que les fonds de recherche n'ont pas tous été utilisés, remettant en cause le respect de l'accord initial avec l'académie. West Point n'a pas souhaité commenter publiquement cette affaire, mais a indiqué prendre la poursuite très au sérieux. Kalkstein, décrit comme un républicain conservateur, affirme avoir reçu un soutien important de ses collègues, bien que beaucoup aient peur de s'exprimer publiquement.
Le cas d'Adam Kalkstein s'inscrit dans une tendance plus large de censure et de restrictions imposées aux scientifiques aux États-Unis depuis plus de 18 mois, selon Chris Marchesano, avocat au Climate Science Legal Defense Fund. Cette organisation constate une augmentation des représailles, de la censure et des questions sur les droits fondamentaux des climatologues. L'administration Trump est pointée du doigt pour cette guerre contre la science. Marchesano estime que la jurisprudence (droit jurisprudentiel) liée au premier amendement pourrait jouer en faveur de Kalkstein, citant un précédent similaire en 2025 où un professeur de droit avait obtenu gain de cause contre West Point. Cette affaire soulève des questions sur l'autonomie académique et la liberté d'enseignement dans les institutions publiques américaines.
L'histoire d'Adam Kalkstein illustre un climat de peur croissant parmi les climatologues aux États-Unis. Selon Chris Marchesano, de plus en plus de scientifiques s'adressent à son organisation pour obtenir des conseils juridiques face à des représailles ou à des restrictions imposées par des autorités politiques. Cette situation a poussé certains chercheurs à envisager de quitter les États-Unis pour des pays plus accueillants, comme le Canada. Le *Climate Science Legal Defense Fund* joue un rôle clé en offrant un soutien juridique aux scientifiques confrontés à des situations similaires. Cette affaire met en lumière les tensions entre science, politique et liberté académique dans un contexte où l'administration en place semble minimiser l'importance des données scientifiques.

