Jusqu’à 8 h économisées grâce à l’IA : les chiffres de la BCE relancent le débat sur le temps de travail
La BCE publie les résultats d’une étude sur l’utilisation de l’IA au travail en Europe, et sur le temps qu’on peut gagner en étant assisté par cette technologie..
Une étude récente de la Banque Centrale Européenne (BCE) révèle que l'intelligence artificielle (IA) est désormais utilisée par 52 % des travailleurs dans 11 pays de la zone euro. Cette enquête, menée auprès de 20 000 personnes, montre que l'IA s'intègre progressivement dans les processus de travail, quel que soit le secteur d'activité. La BCE, institution financière européenne, a pour rôle de superviser les politiques économiques et monétaires des pays de la zone euro. Dans ce contexte, l'IA est perçue comme un outil susceptible d'améliorer l'efficacité des employés. L'étude souligne que son adoption est généralisée, dépassant les seuls métiers techniques et touchant désormais des domaines variés comme la gestion administrative ou la communication.
L'étude de la BCE indique que le gain de temps moyen pour les travailleurs utilisant l'IA est de trois heures par semaine, soit environ 7,7 % du temps de travail médian. Cependant, ces économies varient considérablement selon les métiers. Par exemple, les développeurs informatiques, qui utilisent l'IA pour générer ou corriger du code (débogage), peuvent gagner jusqu'à huit heures par semaine. Pour d'autres tâches comme l'analyse de données ou la création de contenus audio et visuels, les gains sont également significatifs. En revanche, pour des activités moins techniques comme la rédaction de textes ou la recherche d'informations, les économies de temps sont moindres, mais l'IA est très fréquemment utilisée. Ces différences s'expliquent par la nature des tâches : certaines, comme le codage, sont plus facilement automatisables que d'autres.
L'augmentation de la productivité grâce à l'IA soulève une question centrale : que faire du temps gagné ? Certains employeurs envisagent d'utiliser ces économies pour augmenter la production, tandis que d'autres explorent la possibilité de réduire le temps de travail. Par exemple, OpenAI, l'entreprise à l'origine de ChatGPT, a proposé aux employeurs de tester des semaines de 4 jours ou de 32 heures, sans perte de salaire, tout en maintenant la production et les services à un niveau constant. Cette proposition s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'adaptation des modèles économiques à l'ère de l'IA. Le débat porte ainsi sur l'équilibre entre productivité accrue et bien-être des travailleurs.
Contrairement à une idée reçue, l'IA n'est pas réservée aux travailleurs en col blanc. Une étude du cabinet Asterès a montré qu'un chef d'entreprise artisanale en France peut gagner 2,1 heures par semaine grâce à l'IA, notamment en automatisant des tâches comme la création de supports de communication ou la gestion de la relation client. De plus, des outils comme Gemini ou ChatGPT peuvent analyser des images pour aider à résoudre des problèmes techniques, même dans des métiers manuels. Par exemple, une entreprise de plomberie américaine a équipé ses employés de tablettes intégrant ChatGPT, permettant aux plombiers de diagnostiquer plus rapidement des problèmes complexes en analysant des photos. Ces exemples illustrent la polyvalence de l'IA, qui peut être adaptée à des secteurs variés.
Les résultats de l'étude de la BCE, publiés en septembre 2026, s'inscrivent dans un contexte européen marqué par une adoption croissante de l'IA. Avec plus de la moitié des travailleurs utilisant déjà cette technologie, les économies de temps pourraient avoir un impact significatif sur l'organisation du travail dans les années à venir. Cependant, les gains de productivité ne se traduiront pas automatiquement par une réduction du temps de travail ou une amélioration des conditions de travail. Les décideurs politiques et les entreprises devront donc trouver un équilibre entre innovation technologique et adaptation des modèles sociaux. L'étude souligne également l'importance de former les travailleurs à ces nouveaux outils pour maximiser leurs bénéfices.

