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Une immigrante de 18 ans doit rentrer seule en Belgique en raison d’une subtilité administrative

Le Devoir · mis à jour il y a 8 j

Sa famille a tout vendu il y a plus de trois ans pour s’installer au Canada..

Une famille belge au Canada

Ariane Pierre, une jeune femme de 18 ans, vit au Canada depuis trois ans avec sa famille. Ses parents et ses frères aînés ont quitté la Belgique en vendant tous leurs biens pour s’installer au Québec. Sa mère, Rachel Dalcq, y travaillait déjà avec un permis de travail, tandis que son père a rejoint le pays plus tard. En juin 2024, Ariane a terminé ses études secondaires au Québec avec succès et a été admise au Cégep Garneau à Québec en sciences humaines. Pour poursuivre ses études, elle a tenté d’obtenir un permis d’études auprès d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), l’organisme fédéral canadien chargé de la gestion des migrations. Ce permis est obligatoire pour étudier dans un établissement postsecondaire comme un cégep.

Le statut migratoire oublié

Pendant ses études secondaires, Ariane n’avait pas besoin de permis d’études ni de certificat d’acceptation du Québec (CAQ), un document obligatoire pour étudier dans cette province. En effet, sa mère possédait un permis de travail, ce qui suffisait à l’école pour l’admettre et lui permettre d’accéder au système de santé québécois. De plus, une fiche visiteur prolongeait légalement son séjour au Canada. Cette fiche, souvent méconnue, est un document qui autorise une personne étrangère à rester temporairement dans le pays sans avoir besoin d’un statut plus permanent. Or, la famille a cessé de la renouveler, pensant à tort qu’elle n’était plus nécessaire. Ni l’école ni les autorités n’avaient mentionné son importance, ce qui a conduit à une erreur administrative majeure.

Refus du permis d’études

Lorsque Ariane a demandé son permis d’études pour commencer le cégep à l’automne 2024, elle a découvert que son statut au Canada n’était plus valide. IRCC a refusé sa demande, expliquant que sans fiche visiteur renouvelée, elle n’avait plus le droit de rester sur le territoire. Dans un courriel, une agente d’IRCC a insisté pour qu’elle quitte le Canada « immédiatement » afin d’éviter une mesure de renvoi, un processus administratif qui peut bloquer une réentrée pendant jusqu’à six mois. Ariane, qui n’a plus de famille en Belgique après le déménagement de ses proches, se retrouve ainsi sans statut légal et sans solution immédiate.

Décision brutale et conséquences

Le 13 septembre 2024, Ariane et sa mère ont reçu la confirmation du refus de son permis d’études. Elles ont alors dû organiser son départ précipité pour la Belgique, prévu pour le 17 septembre, sans que ni son père ni sa mère ne puissent l’accompagner. Rachel Dalcq, sa mère, travaille avec un permis de travail fermé, ce qui signifie qu’elle ne peut pas quitter son emploi sans risquer de perdre son autorisation de séjour. Elle ne peut donc pas prendre de congés pour soutenir sa fille. Ariane devra donc effectuer ce voyage seule, dans l’urgence, alors qu’elle vient tout juste de fêter ses 18 ans et de réussir son entrée au cégep.

Erreurs et responsabilités partagées

La famille reconnaît avoir commis une erreur en ne renouvelant pas la fiche visiteur, mais elle souligne aussi les lacunes du système. Rachel Dalcq explique que ni l’école, ni les autorités, ni les documents officiels ne les avaient informées de l’importance de ce document. Elle estime que les institutions canadiennes auraient dû mieux communiquer sur les obligations liées aux statuts migratoires, surtout pour les jeunes comme Ariane qui dépendent du statut de leurs parents. La situation illustre les risques liés aux subtilités administratives en matière d’immigration, où une petite omission peut avoir des conséquences dramatiques pour les familles.

Ce que ça pourrait changer

Ariane doit quitter le Canada en 48 heures après l’annonce du refus de son permis d’études. Elle n’a ni famille ni repères en Belgique, où elle n’a plus vécu depuis plus de trois ans. Le voyage, organisé en urgence, la prive de la possibilité de terminer ses préparatifs ou de dire au revoir à ses proches. Sa mère, en larmes, décrit la situation comme « effroyable » et se sent coupable, tout en critiquant l’absence de soutien des institutions. Ariane, quant à elle, exprime son désarroi : « C’est comme si je me retrouvais à la rue. Je n’ai plus de famille en Belgique. Je n’ai plus rien là-bas. » Son avenir reste incertain, entre l’impossibilité de rester au Canada et les difficultés à se réinstaller en Europe.

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