Le pape Léon XIV appelle l’Europe à s’unir contre la «volonté de domination»
Dans l’est de la France, il a rendu hommage à Robert Schuman, considéré comme l’un des fondateurs de l’unité européenne..
Le pape Léon XIV a effectué une visite officielle de quatre jours en France, se terminant à Metz dans l’est du pays. Cette visite a été marquée par une forte mobilisation populaire, avec jusqu’à 800 000 personnes assistant à une messe sur la place de la Concorde à Paris. Le souverain pontife a bénéficié d’une escorte militaire lors de son trajet entre Lourdes et Metz, composée de deux avions de chasse français. Ces éléments illustrent l’importance symbolique et religieuse de sa venue dans un pays officiellement laïc, mais historiquement marqué par le catholicisme. La foule nombreuse et les mesures de sécurité renforcées montrent l’engouement et le caractère exceptionnel de cet événement.
Lors de cette visite, le pape Léon XIV a appelé l’Europe à s’unir contre la volonté de domination qui, selon lui, alimente les conflits actuels, notamment la guerre en Ukraine. Il a souligné l’importance de puiser dans les racines chrétiennes et les traditions de dialogue de l’Europe pour répondre à ces défis. Le pape a cité l’exemple de Robert Schuman, homme d’État français et l’un des pères fondateurs de l’Union européenne, qui a proposé en 1950 la création d’une Communauté européenne du charbon et de l’acier pour éviter une nouvelle guerre entre la France et l’Allemagne. Cette initiative visait à lier économiquement ces deux pays rivaux, rendant une nouvelle guerre matériellement impossible.
Robert Schuman, figure majeure de l’intégration européenne, a été honoré par le pape Léon XIV lors de sa visite à Metz. Schuman est surtout connu pour la déclaration Schuman de 1950, qui a posé les bases de la coopération économique entre la France et l’Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Cette déclaration a conduit à la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, précurseur des institutions européennes actuelles. Schuman, résistant emprisonné par les nazis, a été reconnu comme vénérable en 2021, une étape vers une éventuelle canonisation. Le pape a rappelé son héritage comme exemple de dialogue et de paix entre rivaux.
Le pape a insisté sur la nécessité pour l’Europe de privilégier le dialogue et le multilatéralisme pour éviter les conflits. Il a déclaré que le droit international et la coopération entre États constituent le meilleur rempart contre la soif de domination, source de tous les conflits. Selon lui, l’Europe a démontré depuis 80 ans qu’il est possible de gérer des divergences d’intérêts sans recourir à la force, en privilégiant la rencontre et la négociation. Il a encouragé les responsables religieux à promouvoir des messages de paix et d’unité, citant l’exemple de Schuman qui prônait le dialogue même entre adversaires. Le pape a aussi mis en garde contre l’instrumentalisation de la religion pour justifier la violence ou l’oppression.
Lors de sa visite, le pape Léon XIV a critiqué la législation française autorisant l’aide médicale à mourir, qualifiant cette pratique de fausse compassion. Cette loi, adoptée deux mois avant sa visite, permet aux patients en souffrance de demander une assistance pour mettre fin à leurs jours. Le souverain pontife s’est exprimé à ce sujet lors d’un discours au sanctuaire de Lourdes, un lieu de pèlerinage catholique majeur. Il a réaffirmé la position de l’Église catholique contre l’euthanasie, insistant sur la valeur sacrée de la vie humaine. Cette prise de position s’inscrit dans une série de messages du pape sur des questions éthiques et sociétales.
L’Élysée avait invité tous les chefs d’État de l’Union européenne et les présidents des institutions européennes à une conférence à Metz, mais seulement une poignée de dirigeants de petits États (Monaco, Andorre et le Luxembourg) ont répondu à l’appel, aux côtés du président français Emmanuel Macron. Cette faible participation contraste avec l’ampleur des rassemblements populaires et l’importance symbolique de la visite du pape. Elle reflète peut-être les tensions politiques actuelles en Europe ou les priorités divergentes des dirigeants, dans un contexte marqué par des crises multiples comme la guerre en Ukraine ou les enjeux économiques.

