« Clown », « corrompu » : Lula et Flavio Bolsonaro s’écharpent lors de leur premier débat
Flavio Bolsonaro a remporté le premier tour de l'élection présidentielle le 4 octobre avec 47 % des voix..
Le 18 octobre 2026, à une semaine du second tour de l'élection présidentielle brésilienne, le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva (surnommé Lula), candidat de gauche à 80 ans, affronte Flavio Bolsonaro, 45 ans, fils de l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro. Lors du premier tour organisé le 4 octobre 2026, Flavio Bolsonaro a obtenu 47 % des voix contre 45 % pour Lula, un résultat qui contredit les sondages initiaux. Cette élection oppose deux visions politiques opposées : Lula, ancien syndicaliste devenu président en 2003 et réélu en 2022, incarne une gauche progressiste, tandis que Flavio Bolsonaro, sénateur conservateur, représente la continuité de la politique autoritaire de son père, Jair Bolsonaro, actuellement en prison pour une peine de 27 ans pour tentative de coup d'État.
Lors de leur premier débat télévisé, diffusé depuis São Paulo, les deux candidats se sont livrés à un échange d'insultes et d'accusations personnelles, reléguant les propositions politiques au second plan. Lula, vêtu d'une cravate aux couleurs du Brésil (jaune et vert), a pris ses distances avec Flavio Bolsonaro en le qualifiant de milicien, faisant référence aux liens supposés de ce dernier avec des groupes criminels parapoliciers qui contrôlent des quartiers populaires de Rio de Janeiro. En réponse, Flavio Bolsonaro a montré sa main avec le mot corrompu écrit dessus, une référence à la condamnation de Lula pour corruption en 2018-2019, condamnation qui a depuis été annulée. Le débat a été marqué par des cris et applaudissements des supporters présents dans le public, ainsi que par des gestes provocateurs comme le fait pour Flavio Bolsonaro de secouer la tête en signe de désaccord pendant les interventions de Lula.
Les deux candidats se sont mutuellement accusés de corruption, un thème central du débat. Lula a exigé des explications à Flavio Bolsonaro concernant une enquête sur des soupçons de corruption liés au financement d'un film sur son père, Jair Bolsonaro. Flavio Bolsonaro a refusé de répondre et a traité Lula de clown. En retour, il a évoqué une affaire de corruption présumée impliquant Lulinha, le fils de Lula, surnom donné à Luiz Inácio Lula da Silva Filho. Les deux candidats ont également mentionné à plusieurs reprises le nom de Jair Bolsonaro, actuellement en prison, et Lula a ironiquement suggéré que son adversaire demande à son père de voter pour lui. Ces échanges illustrent une stratégie de campagne axée sur la déstabilisation morale de l'adversaire plutôt que sur les programmes politiques.
Flavio Bolsonaro a attaqué Lula sur deux sujets majeurs pour les Brésiliens : l'insécurité et le coût de la vie. Il a interpellé les téléspectateurs en leur demandant depuis combien de temps ils n'avaient pas pu s'offrir un morceau de viande, évoquant ainsi la précarité économique d'une partie de la population. Lula, quant à lui, a critiqué les liens entre la famille Bolsonaro et le gouvernement américain de Donald Trump, accusant Flavio Bolsonaro de trahison envers la patrie. Trump, sous son mandat, avait imposé plusieurs droits de douane sur les produits brésiliens, ce qui a affecté l'économie du pays. Ces attaques reflètent les préoccupations quotidiennes des électeurs, notamment en matière de pouvoir d'achat et de souveraineté nationale.
Dans les rues, les partisans des deux camps ont organisé des rassemblements pour afficher leur soutien. À São Paulo, sur l'avenue Paulista, environ 71 000 personnes se sont rassemblées pour soutenir Flavio Bolsonaro, selon des chercheurs de l'Université de São Paulo. Les manifestants ont dénoncé la situation économique du pays, évoquant la nécessité de cumuler plusieurs emplois pour joindre les deux bouts. À Rio de Janeiro, une manifestation pour la démocratie a réuni environ 56 000 personnes sur la plage de Copacabana, avec la participation d'artistes comme Caetano Veloso. Des baigneurs ont formé le nom de Lula dans l'eau, symbolisant leur soutien. Un sondage de l'institut *Datafolha* donne Flavio Bolsonaro en tête avec 51 % d'intentions de vote contre 49 % pour Lula, un écart réduit à deux points, ce qui place les deux candidats en situation d'égalité technique compte tenu de la marge d'erreur.

