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Les astronomes sont abasourdis : cette planète est née après la mort de son étoile

Presse-Citron · mis à jour il y a 29 j

Les scientifiques pensaient que les planètes voyaient le jour autour des étoiles encore en vie. Une découverte inédite suggère que ce n’est pas forcément le cas..

Découverte d'une planète rare

Des astronomes ont observé une planète géante gazeuse, similaire à Jupiter, en orbite autour d’une naine blanche nommée HS 0209+0832. Cette planète, située à environ 279 années-lumière de la Terre, présente une particularité majeure : elle n’est pas née en même temps que son étoile, comme c’est généralement le cas, mais bien après sa mort. Cette découverte, publiée dans la revue Nature le 7 octobre 2026, remet en cause les connaissances établies sur la formation des planètes. Une naine blanche est le résidu d’une étoile ayant épuisé tout son combustible nucléaire, ce qui en fait un astre compact et extrêmement dense. Les scientifiques pensaient jusqu’ici que les planètes se formaient uniquement autour d’étoiles encore actives.

Signature chimique inattendue

L’analyse de la naine blanche HS 0209+0832 a révélé une composition chimique surprenante : la présence de niobium, un métal rare, ainsi que de zinc et de cuivre, mais l’absence totale de fer. Cette signature chimique, encore jamais observée chez une naine blanche, a interpellé les chercheurs. Jamie Williams, chercheur à l’Université de Warwick et auteur principal de l’étude, souligne que cette découverte est « extrêmement rare et inattendue ». Le niobium détecté proviendrait en réalité des gaz arrachés à l’atmosphère de la planète en orbite, vaporisée par le rayonnement intense de la naine blanche. Ces gaz, en tombant sur l’étoile morte, auraient enrichi sa surface en éléments lourds.

Formation d'une planète post-mortem

La planète en question, une géante gazeuse de la taille de Jupiter, orbite à seulement 6 millions de kilomètres de sa naine blanche, une distance si proche que son atmosphère est littéralement vaporisée par la chaleur intense de l’étoile. Les gaz ainsi arrachés forment une traînée avant de retomber sur la naine blanche, expliquant la présence de niobium. Selon les chercheurs, cette planète ne s’est pas formée lors de la jeunesse de son étoile, mais bien après sa mort, à partir des gaz expulsés lors de l’agonie de l’étoile. Ce processus a donné naissance à une « planète de seconde génération », un phénomène encore jamais observé. Boris Gänsicke, coauteur de l’étude et professeur, précise que cette découverte « remet en question notre compréhension de la survie et de la renaissance des systèmes planétaires ».

Cycle de vie des étoiles

Les étoiles comme le Soleil brillent en brûlant de l’hydrogène pendant des milliards d’années. Lorsqu’elles n’ont plus de carburant, elles gonflent jusqu’à devenir des géantes rouges, détruisant les planètes environnantes, puis éjectent leurs couches externes de gaz dans l’espace. Leur cœur se transforme alors en une naine blanche, un astre compact et brûlant qui se refroidit lentement sur des milliards d’années. Les étoiles massives, quant à elles, connaissent une fin de vie différente : elles s’effondrent sur elles-mêmes en une fraction de seconde, provoquant une supernova, une explosion si puissante que sa luminosité peut surpasser celle de milliards d’étoiles réunies. La planète découverte autour de HS 0209+0832 illustre un scénario inédit où une nouvelle planète naît des débris d’une étoile morte.

Ce que ça pourrait changer

Pour réaliser cette découverte, les astronomes ont utilisé les archives des télescopes spatiaux Hubble et FUSE, qui ont permis d’identifier la signature chimique inhabituelle de la naine blanche. Ils se sont ensuite tournés vers le télescope TESS, spécialisé dans la détection des exoplanètes, pour observer la baisse régulière de luminosité de l’étoile toutes les 4,4 heures. Ce phénomène a révélé la présence de la planète en orbite. Les données recueillies ont été analysées par une équipe internationale, incluant des chercheurs de l’Université de Warwick, en collaboration avec la NASA. Cette étude souligne l’importance des télescopes spatiaux dans l’exploration des phénomènes astronomiques complexes et encore mal compris.

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