La disparition de soldats salvadoriens en Haïti, symbole de l’impuissance face aux gangs
Pris dans une embuscade de gangs haïtiens dans le nord de Port-au-Prince, dimanche 18 octobre, un véhicule blindé a été retrouvé calciné et ses quatre occupants ont disparu. Le pays peine à croire en sa capacité à surmonter la violence qui menace, une nouvelle fois, la tenue d’élections..
Quatre soldats salvadoriens, membres de la Force de répression des gangs (FRG) déployée en Haïti, ont été victimes d’une embuscade dans le nord de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, le dimanche 18 octobre 2026. Leur véhicule blindé a été retrouvé calciné dans la commune de Croix-des-Bouquets, située en périphérie de la ville. Les soldats, dont l’identité n’a pas été révélée, auraient dévié de leur trajet initial pour se rendre dans un supermarché situé dans le quartier sensible de Santo 19. Ce secteur est sous le contrôle de deux groupes criminels lourdement armés : les 400 Mawozo et Chen Mechan. À ce jour, mardi 20 octobre 2026, les quatre militaires n’ont toujours pas été retrouvés, malgré les recherches menées conjointement par les forces de sécurité haïtiennes et la FRG.
La Force de répression des gangs (FRG) est un corps multinational créé sous l’égide du Conseil de sécurité de l’ONU en octobre 2025. Son objectif est de lutter contre la violence des gangs en Haïti, un pays en proie à une crise sécuritaire majeure. À la date de l’article, la FRG comptait déjà plus de 2 000 soldats issus de plusieurs pays, dont le Tchad, le Bangladesh, le Salvador, le Guatemala, la Mongolie et le Sri Lanka. Pourtant, elle peine à atteindre son effectif initial prévu de 5 500 membres, alors que 4 000 soldats supplémentaires devaient être déployés dans les mois suivants. L’attaque du 18 octobre marque la première opération majeure de cette force, révélant ainsi ses difficultés à s’imposer face aux gangs haïtiens.
Cet incident illustre l’impuissance des autorités haïtiennes et de la communauté internationale à rétablir la sécurité dans le pays. Malgré les interventions terrestres et aériennes des forces locales et de la FRG, les gangs continuent de semer la terreur, notamment dans la capitale. La disparition des soldats salvadoriens survient alors qu’Haïti tente désespérément d’organiser des élections, un processus rendu impossible par l’insécurité chronique. Les gangs, souvent mieux armés que les forces de l’ordre, contrôlent des quartiers entiers et imposent leur loi, rendant toute tentative de stabilisation extrêmement difficile. Ce contexte explique pourquoi la communauté internationale, via l’ONU, a dû intervenir pour tenter de rétablir l’ordre.
L’Haïti est plongé dans une crise multidimensionnelle depuis plusieurs années, marquée par une instabilité politique chronique, une pauvreté généralisée et une violence endémique. Les gangs, qui tirent profit du chaos, sont devenus des acteurs incontournables du paysage sécuritaire. Leur pouvoir s’étend notamment dans les zones urbaines, où ils contrôlent des axes routiers, des marchés et des quartiers entiers. La présence de la FRG, composée de soldats étrangers, vise à briser cette emprise, mais les résultats restent limités. Cette situation a également des répercussions régionales, notamment pour les pays voisins qui voient affluer des migrants haïtiens fuyant l’insécurité.

