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Société

Avi Lewis says Carney’s ‘nation-building’ agenda is trampling workers’ and Indigenous rights

Ricochet · mis à jour 28 sept.

Speaking in St. John’s, the federal NDP leader criticized the government’s push to fast-track resource projects in response to Trump’s trade war.

Projet de loi controversé

Le Premier ministre Mark Carney, à la tête d’un gouvernement majoritaire, fait adopter un ensemble de réformes législatives regroupées sous le nom de Building Canada Strong Act (projet de loi C-39). Ce texte, qualifié d’omnibus car il modifie plusieurs lois en une seule fois, vise à accélérer les projets de développement des ressources naturelles jugés d’intérêt national. Selon Avi Lewis, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) fédéral, ces changements n’ont pas été explicitement approuvés par les électeurs lors des dernières élections, ce qui remet en cause leur légitimité démocratique. Lewis compare ces réformes à celles menées par l’ancien Premier ministre Stephen Harper, connu pour ses politiques controversées. Le projet de loi C-39 inclut des modifications majeures des lois sur l’environnement, les espèces en danger, la pêche, ainsi que du Code canadien du travail, notamment sur le droit de grève. Le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de répondre à la guerre commerciale lancée par l’administration Trump contre le Canada.

Accélération des projets hydroélectriques

Le 28 septembre 2026, le Premier ministre Carney a participé à un sommet d’investissement à Toronto, réunissant des milliardaires, des banquiers et des dirigeants d’entreprises internationales pour promouvoir les opportunités économiques au Canada. Parmi les participants figurait Larry Fink, PDG de BlackRock, un fonds d’investissement américain proche de l’administration Trump. Carney a salué un accord non contraignant entre Terre-Neuve-et-Labrador et le Québec pour développer le potentiel hydroélectrique du fleuve Churchill à Labrador, qualifiant ce projet de « plus grand investissement en énergie propre de l’histoire nord-américaine ». Cet accord prévoit jusqu’à 10 milliards de dollars de financement fédéral et pourrait alimenter en électricité les villes de Toronto, Montréal et Vancouver. Cependant, cet accord a été critiqué pour avoir été négocié sans le consentement libre, préalable et éclairé des communautés autochtones concernées, notamment la Nation Innu de Labrador, qui s’y oppose.

Privatisations et subventions

Le gouvernement Carney est accusé de mener une politique de privatisation massive, notamment en vendant des infrastructures publiques comme les quatre plus grands aéroports du Canada. Avi Lewis dénonce un manque de mandat démocratique pour ces décisions, soulignant que 300 milliards de dollars de subventions et d’allègements fiscaux ont été proposés lors du sommet d’investissement. Ces mesures sont perçues comme une tentative de vendre les ressources et actifs canadiens à des investisseurs privés, dont certains sont liés à des cercles politiques américains. Lewis critique également la rapidité avec laquelle ces réformes sont mises en œuvre, craignant qu’elles ne passent inaperçues ou ne soient adoptées avant que l’opinion publique ne réagisse.

Atteinte aux droits des travailleurs

Le projet de loi C-39 est particulièrement controversé pour ses modifications du Code canadien du travail, qui encadre les relations entre employeurs et salariés dans les secteurs sous juridiction fédérale. Parmi les changements les plus critiqués figure l’octroi de pouvoirs supplémentaires au ministre du Travail pour mettre fin à une grève. Cette mesure s’inscrit dans une tendance récente où le gouvernement libéral a déjà utilisé des lois spéciales pour forcer les travailleurs à reprendre le travail, comme ce fut le cas pour les employés des ports et des chemins de fer. Les syndicats, dont le Congrès du travail du Canada (CTC) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), dénoncent une atteinte au droit de grève, reconnu comme essentiel par la Cour suprême du Canada pour une négociation collective équitable.

Réactions des syndicats et du NPD

Face à ces réformes, les syndicats et le NPD multiplient les prises de position. Le SCFP a annoncé qu’il défierait la loi si elle était adoptée sans modification, considérant que les restrictions au droit de grève sont inconstitutionnelles. Le Congrès du travail du Canada a averti que la perte de ce droit rendrait les travailleurs vulnérables et affaiblirait leur capacité à négocier de meilleures conditions de travail. Au niveau provincial, le NPD de Terre-Neuve-et-Labrador a adopté une résolution d’urgence pour s’opposer à la loi C-39 et à toute mesure portant atteinte aux droits des travailleurs. Les dirigeants syndicaux locaux, comme Sherry Hillier, ont qualifié ce texte de « tournant » pour le mouvement ouvrier, craignant une destruction des acquis sociaux.

Position des communautés autochtones

Les communautés autochtones, notamment la Nation Innu de Labrador, critiquent vivement les projets de développement du fleuve Churchill pour non-respect de leur droit à un consentement libre, préalable et éclairé (CLPE), un principe reconnu par la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Le gouvernement Carney a également limité la participation des nations autochtones dans les processus de développement des ressources avec la Loi sur la construction d’un Canada fort de 2025, ce qui a suscité l’indignation des Premières Nations, des Inuits et des Métis à travers le pays. Ces mesures sont perçues comme une violation des droits autochtones et une remise en cause de leur souveraineté.

Ce que ça pourrait changer

Avi Lewis, lors d’un discours devant les membres du NPD de Terre-Neuve-et-Labrador, a appelé à une mobilisation urgente pour alerter la population sur ces réformes. Il souligne que le gouvernement cherche à faire adopter ces lois rapidement, avant que les citoyens ne prennent conscience de leurs implications. Lewis insiste sur l’importance de l’organisation politique de terrain, notamment dans les zones rurales, pour contrer cette agenda. Le NPD, bien que minoritaire avec seulement cinq sièges à Ottawa et deux à Terre-Neuve-et-Labrador, mise sur une croissance de ses effectifs et une campagne de porte-à-porte pour sensibiliser l’opinion. Sally Housser, membre du NPD en Saskatchewan, a comparé cette stratégie à une course contre la montre, où la rapidité du gouvernement pourrait empêcher une opposition efficace.

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