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Florence K et le mythe de l’artiste torturé

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 1 j

Florence K est la première récipiendaire du prix Louis-H. Lafontaine pour son implication en santé mentale..

Prix pour Florence K

Florence K, autrice-compositrice-interprète et doctorante en psychologie, recevra le prix Louis-H. Lafontaine le 21 septembre 2026. Ce prix, décerné par la Fondation de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (FIUSMM), récompense son engagement pour briser les tabous autour de la santé mentale. Elle devient également la nouvelle porte-parole de cette fondation. Florence K a exprimé son émotion face à cette reconnaissance, soulignant l’importance du travail collectif pour démystifier les troubles psychiques et améliorer les soins. Elle a aussi évoqué un sentiment d’imposture, malgré son parcours impressionnant.

Parcours de santé mentale

En 2011, Florence K a traversé une période très difficile marquée par une dépression majeure accompagnée d’épisodes psychotiques (perte de contact avec la réalité, hallucinations ou délires). Elle a connu des idées suicidaires, des séjours aux urgences et des essais de différents médicaments avant d’être hospitalisée plusieurs semaines. Ces épreuves ont été racontées dans son livre Buena vida, publié en 2015. En 2017, un diagnostic de trouble bipolaire de type 2 lui a été posé. Ce trouble se caractérise par des alternances entre des phases de dépression et des phases d’hypomanie (excitation modérée, sans perte totale de contrôle). Florence K a mis du temps à surmonter la stigmatisation interne (autostigmatisation), une honte qui peut se transformer en culpabilité, mais elle souligne que les mentalités évoluent.

Rôle de la FIUSMM

La Fondation de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal (FIUSMM) soutient l’innovation et l’excellence dans la recherche et les soins cliniques liés aux troubles mentaux. Son objectif est de rendre les parcours de soins plus accessibles et adaptés aux besoins des personnes concernées. La fondation agit comme un pont entre les avancées scientifiques, l’expertise clinique et les réalités vécues par les patients. Elle finance des projets et des initiatives pour améliorer la prise en charge des maladies mentales, en mettant l’accent sur le rétablissement et l’inclusion sociale.

Thèse sur les artistes

Florence K rédige une thèse de doctorat en psychologie sur le mythe de l’artiste torturé, une idée reçue selon laquelle la souffrance serait nécessaire à la création artistique. Pour étayer ses recherches, elle a mené une étude avec l’UQAM (Université du Québec à Montréal) auprès de 201 artistes professionnels. Les résultats montrent qu’il n’existe pas de lien significatif entre l’instabilité émotionnelle et la créativité. En revanche, le bien-être est positivement associé à la capacité créative. Florence K explique que si la souffrance peut inspirer l’art, elle n’est pas une condition indispensable. Elle critique aussi le stéréotype médiatisé de l’artiste maudit, qui peut normaliser les difficultés psychologiques chez les créateurs.

Vulnérabilité des artistes

Les artistes sont particulièrement exposés aux troubles de l’humeur, avec une prévalence quatre fois plus élevée que dans la population générale. Florence K identifie plusieurs facteurs de risque : la précarité financière, les horaires irréguliers, l’isolement social et le manque de sommeil. Ce dernier est un élément critique, car il aggrave l’anxiété et favorise les idées dépressives. Dans le cas du trouble bipolaire, le manque de sommeil peut même déclencher des changements d’humeur. Florence K, qui a elle-même souffert de ces problèmes, souligne l’importance de prendre soin de sa santé mentale pour préserver sa créativité.

Nouvelle carrière

Aujourd’hui, Florence K va mieux et a commencé à recevoir ses premiers patients en stage dans le cadre de sa formation de psychologue. Bien qu’elle continue à s’investir dans la musique, son rapport à la création a changé depuis qu’elle n’en dépend plus financièrement. Elle précise que si son étude remet en cause le mythe de l’artiste torturé, elle ne nie pas que les artistes soient plus vulnérables aux troubles mentaux. Son parcours, de patiente à professionnelle de la santé mentale, illustre une évolution vers une meilleure prise en charge des enjeux psychologiques dans le milieu artistique.

Ce que ça pourrait changer

Pour les personnes en détresse au Québec, plusieurs ressources sont disponibles 24 heures sur 24. Le numéro **1 866 APPELLE (277-3553)** permet d’appeler gratuitement pour parler à un intervenant. En cas de danger immédiat, il faut composer le **911**. Un service de clavardage confidentiel est aussi accessible en texant **535353**. Pour le reste du Canada, la ligne **988** offre une assistance similaire, joignable par appel ou message. Ces services visent à prévenir les crises et à orienter vers des solutions adaptées.

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