Flore Benguigui, faire entendre un autre jazz
Après neuf ans au sein de L’Impératrice, Flore Benguigui revient au premier plan avec une musique qu’elle a toujours pratiquée : le jazz. Dans "i-330", sorti le 13 mars 2026, elle reprend des morceaux des années 1930 à 1960, qu’elle mélange à des synthétiseurs et des instruments acoustiques..
Flore Benguigui, autrice-compositrice-interprète française, a marqué le paysage musical des années 2010 en tant que membre du groupe L’Impératrice, un collectif connu pour son mélange de pop, de funk et de disco. Après neuf ans au sein de cette formation, elle revient à ses premières amours musicales : le jazz. Ce genre musical, né aux États-Unis au début du XXe siècle, se caractérise par son improvisation, ses rythmes syncopés et l’utilisation d’instruments comme le saxophone, la trompette ou le piano. Benguigui a choisi de réinterpréter des morceaux issus des années 1930 à 1960, une période faste pour le jazz, marquée par des figures emblématiques comme Louis Armstrong, Ella Fitzgerald ou Miles Davis. Son album, intitulé i-330 et sorti le 13 mars 2026, incarne cette volonté de renouer avec l’essence du jazz tout en y apportant une touche contemporaine.
L’album i-330 se distingue par son approche innovante du jazz. Flore Benguigui y reprend des morceaux classiques de cette période, certains très connus comme Summertime de George Gershwin, et d’autres plus confidentiels, presque oubliés. Pour moderniser ces compositions, elle intègre des éléments électroniques : des synthétiseurs, des vocodeurs et des instruments acoustiques. Un vocodeur est un appareil qui transforme la voix humaine en un son robotique ou métallique, popularisé par des artistes comme Daft Punk. Cette fusion entre le jazz traditionnel et les technologies contemporaines vise à rendre ce genre musical plus accessible à un public plus large, tout en lui donnant une dimension plus libre et expérimentale. L’album est conçu comme un projet collectif, impliquant une équipe majoritairement féminine, ce qui reflète une volonté de mettre en avant des musiciennes souvent marginalisées dans l’histoire du jazz.
Un des objectifs principaux de Flore Benguigui avec i-330 est de redonner une visibilité à des musiciennes de jazz dont le travail a été éclipsé par celui de leurs homologues masculins. Le jazz, comme beaucoup d’autres domaines artistiques, a longtemps été dominé par des hommes, reléguant les femmes à des rôles secondaires ou invisibilisés. Benguigui souhaite ainsi corriger cette injustice historique en mettant en lumière des artistes comme Melba Liston, une tromboniste et arrangeuse américaine des années 1950-1960, ou encore Mary Lou Williams, pianiste et compositrice pionnière du jazz moderne. En s’appuyant sur ces figures, elle espère inspirer une nouvelle génération de musiciennes et montrer que le jazz n’est pas seulement l’affaire des hommes. Son approche s’inscrit dans une dynamique plus large de réhabilitation des femmes dans l’histoire de la musique.
L’album i-330 est le fruit d’une collaboration entre Flore Benguigui et une équipe principalement féminine, tant sur le plan artistique que technique. Cette dimension collective reflète une volonté de promouvoir une musique plus inclusive et représentative. Le choix d’une équipe majoritairement féminine n’est pas anodin : il s’agit de donner aux femmes une place centrale dans la création musicale, un domaine où elles sont encore sous-représentées, notamment dans les postes techniques ou de direction. Ce projet s’inscrit dans une mouvance plus large du féminisme intersectoriel, qui cherche à briser les barrières de genre dans tous les domaines. Benguigui, en tant que figure publique, utilise sa notoriété pour porter ce message et encourager d’autres femmes à s’engager dans des carrières musicales ou artistiques.
Avec *i-330*, Flore Benguigui cherche à réinventer le jazz pour le rendre plus actuel et moins élitiste. Le jazz est souvent perçu comme un genre complexe, réservé à un public averti, en raison de ses codes techniques ou de son histoire parfois perçue comme inaccessible. Benguigui souhaite casser cette image en proposant une version plus directe, plus rythmée et plus ouverte à l’expérimentation. L’utilisation de synthétiseurs et de vocodeurs permet de créer un pont entre les générations, en attirant à la fois les amateurs de jazz traditionnel et les fans de musique électronique. Cette approche vise à démocratiser le jazz, en le rendant plus attractif pour un public jeune ou moins familier avec ce genre musical. En somme, Benguigui propose une vision du jazz qui allie héritage et innovation, sans sacrifier l’âme de ce genre musical.

