Ottawa met en demeure la maison mère américaine de l’aciérie Stelco
Le licenciement de 500 employés serait un bris d’entente, estime la ministre Mélanie Joly..
Le gouvernement canadien a envoyé une mise en demeure à Cleveland-Cliffs, la maison mère américaine de l’aciérie ontarienne Stelco, pour contester le licenciement de 500 employés annoncé récemment. Une mise en demeure est une notification officielle exigeant une justification ou une action sous peine de sanctions. Selon la ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly, ces licenciements violent un engagement pris par Cleveland-Cliffs lors de l’acquisition de Stelco en 2024. L’entreprise américaine s’était alors engagée à maintenir au moins 1766 employés syndiqués et 603 non-syndiqués. Ottawa estime que ces conditions n’ont pas été respectées, qualifiant la situation d’« inacceptable ». La ministre souligne que les droits de douane américains, invoqués par Stelco pour justifier les licenciements, ne peuvent servir de prétexte pour ne pas honorer ces engagements.
Lors de l’acquisition de Stelco en 2024, Cleveland-Cliffs avait pris des engagements précis envers le Canada, notamment le maintien d’un effectif minimal de 2369 employés (1766 syndiqués et 603 non-syndiqués). Ces promesses faisaient partie des conditions négociées pour autoriser l’acquisition d’une entreprise canadienne par une société étrangère. Cependant, Stelco a annoncé une « mise en veilleuse » de son usine d’Hamilton, en Ontario, entraînant le licenciement de 500 employés. L’entreprise a justifié cette décision par l’impact des droits de douane américains sur son activité, citant une baisse de 58 % de ses exportations d’acier vers les États-Unis depuis le début du conflit commercial. La ministre Joly rejette cet argument, affirmant qu’aucun cas de force majeure (événement imprévisible et insurmontable) ni changement de marché ne peut excuser le non-respect de ces engagements.
La ministre Mélanie Joly a formellement sommé Cleveland-Cliffs de répondre sous 15 jours à la mise en demeure envoyée jeudi. Elle a précisé que « toutes les options sont sur la table », évoquant des sanctions possibles en cas de non-respect des engagements. Parmi les mesures envisagées figurent des pénalités financières, une ordonnance judiciaire imposant à l’entreprise de se conformer à ses promesses, ou même une ordonnance de se départir de ses actifs canadiens (forcer Cleveland-Cliffs à vendre ses parts dans Stelco). La ministre a également laissé la porte ouverte à des négociations pour trouver une solution, mais a insisté sur la nécessité de protéger les emplois canadiens et de respecter les engagements pris. Elle a rappelé que l’investissement au Canada s’accompagne d’obligations, notamment pour les entreprises étrangères.
Le conflit commercial entre les États-Unis et le Canada a eu un impact significatif sur l’industrie sidérurgique canadienne, notamment pour Stelco. Les droits de douane américains, imposés dans le cadre de tensions commerciales, ont entraîné une chute de 58 % des exportations d’acier du Canada vers les États-Unis. Cette situation a fragilisé la compétitivité des aciéries canadiennes, dont Stelco, qui dépend en partie de ce marché. Cleveland-Cliffs, en tant que maison mère américaine, a non seulement subi les conséquences de ces droits de douane, mais a également été critiquée pour avoir *s’en attribué le mérite*, selon les termes de la ministre Joly. Cette dernière souligne un paradoxe : l’entreprise invoque ces droits de douane pour justifier des licenciements, tout en en tirant profit.

