“C’est l’heure de la grève générale !” : en Espagne, des centaines de milliers de personnes dans la rue
En pleine crise du logement, des centaines de milliers de personnes ont manifesté, samedi 3 octobre, dans une cinquantaine de villes espagnoles avec comme mot d’ordre “Vers une grève générale”. Faute d’avoir pu faire passer deux décrets pour répondre à cette colère, le Premier ministre songe à convoquer des élections anticipées..
Le 3 octobre 2026, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs villes d'Espagne pour défendre le droit au logement. Selon les organisateurs, environ 500 000 manifestants étaient présents à Madrid, tandis que les autorités en comptaient 70 000. Ces mobilisations ont été organisées en réaction au rejet par les députés, la veille, de deux décrets visant à protéger les locataires contre les expulsions et à renouveler automatiquement leurs baux. Le Centre espagnol de recherches sociologiques (CIS) classe depuis longtemps l'inaccessibilité au logement comme la principale préoccupation des Espagnols.
Les députés espagnols ont rejeté, le 2 octobre 2026, deux décrets proposés pour répondre à la crise du logement. Ces textes prévoyaient des mesures urgentes comme la protection contre les expulsions et le renouvellement automatique des baux pour les locataires. Leur rejet a amplifié la colère des citoyens et renforcé l'appel à manifester. Le média El Diario souligne que ce vote a directement alimenté la mobilisation du lendemain, qualifiant la réaction de la rue de « forte et déterminée ». À Barcelone, une manifestation prévue le 3 octobre a été reportée en raison de pluies torrentielles, selon La Vanguardia.
L'inaccessibilité au logement est un problème majeur en Espagne depuis plusieurs années. Selon le CIS, il s'agit de la principale préoccupation des Espagnols, devant d'autres enjeux socio-économiques. Les manifestants dénoncent l'incapacité des pouvoirs publics à proposer des solutions durables, comme en témoigne le rejet des décrets par les députés. Les syndicats, à l'origine de l'appel à la grève générale, ont utilisé le slogan « Vers une grève générale » pour exiger un changement radical. L'expulsion d'une locataire nommée Maricarmen a servi de déclencheur symbolique à cette mobilisation.
Les syndicats espagnols ont joué un rôle central dans l'organisation de la grève générale et des manifestations. Ils ont relayé le slogan « C’est l’heure de la grève générale ! » pour marquer leur opposition à la politique actuelle en matière de logement. Les médias, comme El País, El Diario et La Vanguardia, ont couvert l'événement en détaillant les revendications des manifestants et en analysant les causes du rejet des décrets. Ces couvertures ont contribué à amplifier la visibilité de la mobilisation et à mobiliser davantage de participants.
Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte politique tendu en Espagne, où le gouvernement de Pedro Sánchez, leader du Parti socialiste ouvrier espagnol (*PSOE*), fait face à des critiques sur sa gestion de la crise du logement. Les manifestants reprochent aux députés, issus de différentes formations politiques, d'avoir ignoré les besoins urgents des locataires. La crise du logement, combinée à d'autres enjeux socio-économiques, alimente un mécontentement croissant dans la population, poussant à des actions collectives comme cette grève générale.

