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Généraliste

Un parti fédéral pour porter la voix de l’Alberta est en gestation

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 4 j

La future formation politique sera calquée sur le modèle du Bloc québécois..

Naissance d'un parti

Un ancien député provincial albertain, Drew Barnes, a annoncé la création d’un nouveau parti politique fédéral nommé Alberta Now. Ce parti aurait pour mission exclusive de défendre les intérêts de l’Alberta à Ottawa, la capitale canadienne, et de porter la voix des conservateurs de cette province. Barnes, qui a quitté ses fonctions en 2023, a révélé cette initiative lors d’un débat économique à Calgary. Il prévoit d’enregistrer officiellement le parti dès l’automne 2024 et de le présenter lors d’éventuelles élections partielles avant les prochaines élections générales fédérales. Le parti se limiterait à l’Alberta et s’inspirerait du fonctionnement du Bloc québécois, un parti qui ne présente des candidats qu’au Québec et défend ses intérêts spécifiques. Barnes souhaite ainsi combler un vide politique, estimant que la voix de l’Alberta n’est pas suffisamment entendue à Ottawa depuis des décennies.

Inspirations historiques

Drew Barnes a comparé son projet à deux formations politiques canadiennes passées. D’abord, il évoque le Parti réformiste du Canada, fondé par Preston Manning dans les années 1980 pour donner une voix à l’Ouest canadien. Ce parti a fusionné avec les conservateurs en 2003, perdant selon Barnes son influence originale. Ensuite, il cite le Bloc québécois, créé en 1991 pour défendre les intérêts du Québec à Ottawa et qui reste aujourd’hui un acteur clé de la scène politique fédérale. Barnes souhaite que Alberta Now joue un rôle similaire pour l’Alberta, en mettant en avant ses priorités économiques et politiques. Cette comparaison vise à rassurer sur la viabilité du projet, en s’appuyant sur des exemples concrets de partis régionaux ayant marqué l’histoire canadienne.

Contexte politique favorable

Duane Bratt, professeur de sciences politiques à l’Université Mount Royal à Calgary, estime que le moment est propice à la création d’Alberta Now. Il souligne que la conjoncture politique albertaine, marquée par des tensions avec Ottawa, pourrait favoriser l’émergence d’un parti défendant les intérêts provinciaux. Cependant, il rappelle que créer un nouveau parti viable est un défi de taille. Il cite l’exemple du Parti Maverick, formé en 2021 pour offrir une option de droite axée sur l’Ouest, mais qui a été dissous en 2025 faute de succès. Bratt note que l’Alberta a déjà vu naître plusieurs partis sans lendemain, mais il reconnaît qu’un contexte de mécontentement envers le gouvernement fédéral pourrait changer la donne.

Cibles électorales potentielles

Duane Bratt indique qu’Alberta Now pourrait attirer des électeurs du Parti conservateur du Canada (PCC) de Pierre Poilievre. Lors des élections fédérales de 2025, la plupart des candidats du PCC en Alberta, en dehors des grandes villes, ont remporté leur siège avec des scores très élevés : entre deux tiers et trois quarts des suffrages exprimés. Sur les 37 circonscriptions albertaines, seuls 6 candidats conservateurs ont obtenu moins de 50 % des voix, et parmi eux, 3 ont été battus. Cela suggère qu’il existe une marge pour un parti concurrent, même si Drew Barnes rejette l’idée que son projet pourrait diviser l’électorat conservateur. Il espère au contraire que Alberta Now renforcera la représentation des Albertains à Ottawa sans affaiblir le PCC.

Ce que ça pourrait changer

Le principal objectif d’*Alberta Now* est de devenir pour l’Alberta ce que le *Bloc québécois* est pour le Québec : une voix forte et unifiée à Ottawa. Cependant, le projet doit encore surmonter plusieurs défis. D’abord, il devra convaincre les Albertains de l’utilité d’un nouveau parti, alors que l’Alberta est traditionnellement un bastion conservateur. Ensuite, il devra se démarquer face au *Parti conservateur du Canada*, qui domine largement la province. Enfin, il devra éviter le sort des partis régionaux précédents, comme le *Parti Maverick*, qui n’ont pas réussi à s’imposer durablement. Drew Barnes mise sur une stratégie progressive, en commençant par des élections partielles avant de se lancer dans les élections générales, pour tester son influence et sa crédibilité.

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