Le spa Nordik de Chelsea est visé par une action collective pour agressions sexuelles
Près de 150 personnes affirment avoir été agressées sexuellement par au moins 36 massothérapeutes différents..
Le 8 octobre 2026, la Cour supérieure du Québec a autorisé une action collective contre le Nordik Spa Village Chelsea, situé à Chelsea. Cette action regroupe près de 150 personnes qui affirment avoir été victimes d’agressions sexuelles par au moins 36 massothérapeutes différents de cet établissement. Une action collective est une procédure judiciaire qui permet à un groupe de personnes ayant subi un préjudice similaire de se regrouper pour porter plainte ensemble, ce qui simplifie et réduit les coûts des démarches. Dans ce cas, les victimes dénoncent des agressions survenues depuis le 2 octobre 2001. L’autorisation de cette action ne signifie pas que les allégations sont prouvées : le tribunal devra examiner les preuves avant de trancher. Le spa, contacté par Le Devoir, rappelle que cette autorisation ne constitue pas un jugement sur les faits et affirme avoir pris des mesures pour garantir la sécurité de ses clients.
L’une des représentantes de l’action collective, nommée sous les initiales A.B., a déposé une demande en août 2025. Elle décrit une agression sexuelle subie le 2 décembre 2024 lors d’un massage de 60 minutes. Selon ses allégations, le massothérapeute, Lorenzo Velasque, aurait placé ses parties génitales contre sa main pendant la séance, soulevé le drap pour observer ses parties intimes, puis massé l’intérieur de sa cuisse à proximité de ses parties génitales pendant environ 10 minutes. A.B. affirme avoir été en état de choc sur le moment et n’avoir rien dit, ne pouvant croire ce qui se passait. Elle indique n’avoir reçu aucune consigne sur le déroulement du massage ni sur la façon de signaler un comportement inapproprié. Le lendemain, elle aurait informé une gestionnaire de l’établissement, mais n’aurait obtenu ni excuses ni suivi. Les avocats soulignent que ce cas n’est pas isolé et que d’autres victimes ont vécu des situations similaires.
Entre août 2025 et juillet 2026, le cabinet Lambert Avocats a été contacté par 143 personnes affirmant avoir subi une agression sexuelle lors d’un massage au Nordik Spa Village Chelsea. Ces agressions auraient été commises par au moins 36 massothérapeutes différents entre 2007 et 2026. Les victimes rapportent des conséquences graves, comme de l’anxiété, de la dépression, des difficultés relationnelles ou sexuelles, ainsi que des pertes financières. Plusieurs d’entre elles auraient signalé ces agressions à l’établissement, mais se seraient vu offrir une simple carte-cadeau en guise de réponse, sans que les massothérapeutes responsables ne soient renvoyés. Deux cas médiatisés sont cités : Maxime Bédard, condamné en octobre 2021 à six mois de prison pour agressions sur deux clientes, et Adam Leroux, déclaré coupable en janvier 2026 pour une agression en 2023. Le spa nie toute responsabilité, arguant que ses massothérapeutes sont des travailleurs autonomes.
Les avocats à l’origine de l’action collective qualifient les agressions de *problème systémique*, c’est-à-dire un dysfonctionnement répété et généralisé au sein de l’établissement. Ils estiment que le *Nordik Spa Village Chelsea* avait une *obligation de sécurité* envers ses clients, qui se retrouvent en situation de vulnérabilité pendant les massages, souvent seuls et dévêtus avec leur massothérapeute. Selon eux, l’établissement aurait dû mettre en place des politiques strictes pour prévenir ces agressions, comme l’ont fait certains de ses concurrents. Les avocats soulignent que ces mesures auraient pu éviter la majorité des agressions alléguées. *A.B.* demande, pour elle et les autres victimes, des dommages-intérêts compensatoires et punitifs, ainsi que le remboursement des sommes payées pour les massages. Le spa affirme avoir pris des mesures pour assurer un environnement sécuritaire, mais maintient qu’il contestera les allégations en justice.

