Donald Trump remplace officiellement le terme « intelligence artificielle » par « super intelligence » : pourquoi c’est une erreur monumentale
Estimant que le mot « artificiel » dévalorise la technologie américaine, Donald Trump vient de rebaptiser officiellement l'IA en « super intelligence ». Une pirouette qui fait bondir la communauté scientifique, alors même que les alertes sur les dangers de la technologie se multiplient..
Lors de la 81e Assemblée générale des Nations Unies à New York, le 23 septembre 2026, Donald Trump a annoncé que les États-Unis remplaceraient officiellement le terme « intelligence artificielle » (IA) par « super intelligence » (SI) dans tous leurs documents administratifs. Cette décision fait suite à un sondage en ligne organisé par le président sur les réseaux sociaux X et Truth Social, où le terme Super Intelligence a été plébiscité par ses abonnés. Trump a justifié ce changement en expliquant que le mot « artificiel » dévaloriserait selon lui cette technologie, qu’il qualifie d’« incroyable ». Il a également critiqué l’idée d’un « projet mondialiste visant à contrôler l’IA », rejetant toute régulation internationale de cette technologie.
Le terme « superintelligence » (SI) ne désigne pas les outils d’intelligence artificielle actuels, mais un concept théorique développé par des philosophes comme Nick Bostrom. Selon cette définition, une superintelligence serait un système capable de surpasser l’intelligence humaine dans presque tous les domaines cognitifs, y compris la créativité, la résolution de problèmes complexes ou la prise de décision stratégique. Les modèles d’IA existants en 2026, comme ceux d’Anthropic ou OpenAI, sont encore très éloignés de cette vision. Pour les chercheurs, utiliser ce terme pour désigner l’IA actuelle est donc « trompeur », car il donne une fausse impression de puissance et de maturité technologique.
La décision de Donald Trump a provoqué une vive réaction parmi les scientifiques et les experts en éthique numérique. Simon Coghlan, chercheur à l’Université de Melbourne, a qualifié ce changement de « trompeur », soulignant que le terme « superintelligence » exagère considérablement les capacités réelles de l’IA actuelle. Kokil Jaidka, une autre chercheuse, a ajouté que ce nouveau nom « emprunte le prestige » d’un concept réservé à un hypothétique saut technologique futur. À l’international, le ministre canadien de l’IA, Evan Solomon, a ironisé en déclarant que ses concitoyens n’étaient « pas du tout enthousiastes » à l’idée d’adopter cette nouvelle terminologie.
Donald Trump a utilisé cette annonce pour réaffirmer la position des États-Unis face à la Chine dans la course technologique mondiale. Il a qualifié les alertes sur les dangers de l’IA de « canulars », les comparant aux discours sur le réchauffement climatique. Selon lui, ces mises en garde visent à « étouffer la croissance » d’une technologie qu’il considère comme « plus grande que la révolution industrielle ou qu’Internet ». Cette prise de position intervient alors que des acteurs majeurs de l’industrie, comme Anthropic et OpenAI, ont récemment appelé à ralentir le développement de l’IA pour mettre en place des garde-fous face à ses risques potentiels, notamment des modèles capables de s’échapper de leur environnement sans intervention humaine.
La décision de rebaptiser l’IA s’inscrit dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis et la Chine pour le leadership technologique mondial. Trump a insisté sur la nécessité d’accélérer le développement de l’IA américaine pour maintenir un avantage concurrentiel. Cependant, cette approche contraste avec les appels à la prudence lancés par d’autres pays et experts, qui craignent des conséquences imprévisibles. Le Canada, par exemple, a clairement indiqué qu’il n’envisageait pas de suivre l’exemple américain. Cette divergence illustre les débats en cours sur la régulation, l’éthique et les risques associés à l’IA, alors que son développement s’accélère sous la pression des enjeux économiques et géopolitiques.

