Crue au Népal : deux ouvriers « miraculés » sortis vivants d’un tunnel
Selon les derniers bilans officiels, la crue dévastatrice a fait au moins 1280 morts et plus de 5600 disparus..
Deux ouvriers, Sanjay Shah (30 ans) et Kabir Maharjan (45 ans), ont été retrouvés vivants le 4 septembre 2026 dans un tunnel du chantier du barrage de Trishuli-3, au nord du Népal. Piégés depuis le 26 août 2026 après une crue catastrophique, ils sont les premiers rescapés extraits vivants de ce site où une centaine de personnes seraient encore bloquées. Les images diffusées par le ministère de l'Énergie montrent Kabir Maharjan, couvert de boue, remerciant ses sauveteurs avec un geste de la main, tandis que Sanjay Shah, évacué sur une civière, a joint ses mains en signe de prière. Le ministre de l'Énergie, Biraj Bhakta Shrestha, a qualifié cet événement de miracle, soulignant que les opérations de secours se poursuivent malgré l'ampleur de la catastrophe.
La crue dévastatrice du 26 août 2026, causée par l'effondrement d'un glacier et d'un pan de montagne, a provoqué un tsunami himalayen : un mur d'eau, de glace et de débris a balayé les vallées, emportant bâtiments, ponts et infrastructures. Selon les derniers bilans officiels, la catastrophe a fait au moins 1 280 morts et plus de 5 600 disparus. Parmi les victimes, plus de 900 employés ou ouvriers des installations hydroélectriques en service ou en construction sont toujours portés manquants. Les secours, épaulés par des équipes venues d'Inde, de Chine et de Corée, ont jusqu'à présent récupéré principalement des corps sans vie, progressant dans un environnement boueux et jonché de débris. L'accès aux zones sinistrées reste extrêmement difficile, limitant les possibilités de ravitaillement par hélicoptère, drone ou porteurs.
Les deux survivants ont été localisés après qu'un spécialiste des secours en profondeur, l'Australien Arnold Dix, ait perçu une faible réponse à l'intérieur du tunnel : un hunchha, soit oui ou OK en népalais. Les sauveteurs ont répondu : Ne vous inquiétez pas, on vient vous sauver. Évacués en hélicoptère vers Katmandou, les ouvriers ont été hospitalisés en bonne santé. Leurs proches, comme Lakshmi Naini, belle-sœur de Kabir Maharjan, ont exprimé leur soulagement : C'est un miracle ! Je suis si contente. Cependant, des milliers de familles restent sans nouvelles de leurs proches disparus, effectuant des tournées dans les hôpitaux et la police, et fournissant des échantillons d'ADN pour identifier les cadavres exhumés. Dans le Tibet voisin, où les informations sont contrôlées, les messages d'inquiétude se multiplient sur les réseaux sociaux, comme celui d'une femme suppliant un parent disparu : Dépêche-toi de rentrer à la maison, tes parents s'ennuient beaucoup de toi.
Face à l'ampleur de la catastrophe, les autorités népalaises et les agences onusiennes coordonnent une aide humanitaire d'urgence. Cependant, les conditions d'accès aux zones les plus isolées sont extrêmement difficiles, comme l'a souligné Lila Pieters Yahia, coordinatrice des agences onusiennes à Katmandou : *L'accès reste très, très, très difficile*. Le ravitaillement en nourriture, eau et équipement repose principalement sur des hélicoptères, des drones ou des porteurs. Pabitra Lamsal, 45 ans, dont la maison a été détruite dans le district de Nuwakot, a témoigné : *Nous n'avons plus rien*. Sa famille de neuf personnes, hébergée chez des proches, a dû louer deux chambres mais manque de moyens pour cuisiner. Les efforts se concentrent également sur l'identification des victimes, avec des prélèvements d'ADN massifs pour permettre aux familles de faire leur deuil.

