Le salaire minimum augmente à 17, 95 $ l’heure en Ontario
Malgré la hausse, le salaire minimum ontarien reste encore bien en dessous du salaire minimum vital..
À partir du 1er octobre 2026, le salaire minimum en Ontario passe de 17,60 $ à 17,95 $ de l’heure, soit une augmentation de 35 cents. Cette hausse est calculée en fonction de l’indice des prix à la consommation (IPC) de la province pour l’année 2026. L’IPC mesure l’évolution moyenne des prix des biens et services consommés par les ménages, reflétant ainsi l’inflation. Cette méthode permet d’ajuster automatiquement le salaire minimum pour qu’il conserve son pouvoir d’achat face à la hausse des prix. L’Ontario n’est pas la seule province concernée : l’Île-du-Prince-Édouard, le Manitoba et la Nouvelle-Écosse augmentent également leur salaire minimum ce jour-là.
Avec cette augmentation, l’Ontario affiche désormais le quatrième salaire minimum le plus élevé au Canada, derrière le Nunavut (20 $), le Yukon (18,75 $) et la Colombie-Britannique (17,40 $). Le salaire minimum fédéral, qui s’applique aux travailleurs sous réglementation fédérale comme les employés des banques ou des entreprises de télécommunications, reste légèrement plus élevé à 18,15 $ de l’heure. Cette différence souligne la diversité des politiques salariales selon les provinces et les secteurs d’activité. Le salaire minimum ontarien reste donc inférieur à la moyenne des salaires minimums provinciaux au Canada.
En Ontario, un taux spécifique s’applique aux étudiants de moins de 18 ans qui travaillent moins de 28 heures par semaine pendant l’année scolaire ou pendant les vacances. Ce salaire étudiant passe de 16,60 $ à 16,90 $ de l’heure. Cette catégorie vise à refléter les conditions de travail particulières des jeunes, souvent employés dans des emplois saisonniers ou à temps partiel. Cependant, ce taux reste inférieur au salaire minimum général, ce qui peut poser des questions sur l’équité entre les travailleurs selon leur âge ou leur statut.
Le salaire minimum destiné aux travailleurs à domicile, qui effectuent des tâches comme le ménage ou la garde d’enfants à leur propre domicile, augmente de 19,35 $ à 19,70 $ de l’heure. Ce taux plus élevé que le salaire minimum général reflète les conditions spécifiques de ces emplois, souvent isolés et moins protégés. Les travailleurs à domicile sont généralement considérés comme des travailleurs autonomes ou indépendants, ce qui peut compliquer l’accès à certains droits sociaux ou protections.
Malgré cette hausse, le salaire minimum ontarien de 17,95 $ reste bien en dessous du salaire minimum vital (ou salaire de subsistance), qui représente le montant nécessaire pour couvrir les dépenses de base comme la nourriture, le logement, l’habillement et les transports. Selon un rapport de 2025 du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) et du Ontario Living Wage Network, ce salaire vital varie entre 21 $ et 27 $ de l’heure selon les régions de l’Ontario. Contrairement au salaire minimum légal, le salaire vital prend en compte les réalités locales, comme le coût du logement, qui diffère fortement entre Toronto et des régions plus rurales.
Le salaire minimum vital est calculé en fonction des dépenses essentielles d’une famille, comme le loyer, l’épicerie, les vêtements, les soins de santé et les frais de garde d’enfants. Contrairement au salaire minimum légal, qui est uniforme dans toute la province, le salaire vital est ajusté selon 10 régions ontariennes pour refléter les différences de coût de la vie. Par exemple, à Toronto, où les loyers sont particulièrement élevés, le salaire vital peut atteindre 27 $ de l’heure, tandis qu’il sera moins élevé dans des régions moins densément peuplées. Ce calcul intègre aussi les aides gouvernementales, comme les allocations familiales, qui réduisent le montant nécessaire pour couvrir les besoins de base.
L’écart entre le salaire minimum légal (17,95 $) et le salaire minimum vital (21 $ à 27 $) se creuse d’année en année. Selon Ricardo Tranjan, économiste au CCPA, le salaire minimum légal est souvent un chiffre arbitraire, fixé par des décisions politiques plutôt que par une évaluation réelle des besoins des travailleurs. Les hausses récentes, indexées sur l’inflation, ne suffisent pas à combler cet écart, notamment en raison de la flambée des loyers. Tranjan souligne qu’une famille en Ontario avec deux adultes travaillant 40 heures par semaine à 17,95 $ de l’heure ne parvient toujours pas à couvrir ses besoins essentiels.
Augmenter le salaire minimum représente un investissement pour l’économie locale, selon Ricardo Tranjan. Les ménages à faible revenu, qui reçoivent une augmentation de leur revenu, dépensent immédiatement cet argent pour combler des besoins non satisfaits, comme l’alimentation ou les vêtements. Cette dépense stimule l’économie locale, car elle soutient les commerces et les services. Tranjan met en garde contre les risques d’une économie difficile due à la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada, mais rappelle que les hausses de salaire peuvent atténuer les effets négatifs sur les ménages les plus vulnérables.
L’un des principaux facteurs expliquant l’écart entre le salaire minimum et le salaire vital est la hausse des loyers en Ontario. Ricardo Tranjan souligne que l’*encadrement des loyers* (mesures visant à limiter les augmentations excessives des loyers) reste insuffisant dans la province. Les loyers moyens augmentent plus vite que l’inflation, ce qui rend encore plus difficile pour les travailleurs à faible revenu de se loger décemment. Cette situation aggrave les inégalités et rend le salaire minimum actuel insuffisant pour couvrir les besoins de base, même après la récente hausse.

