Un mois après le séisme, Pouzzoles soigne encore ses plaies
Le 31 juillet, un violent tremblement de terre provoquait d’importants dégâts à Pouzzoles, une commune située en périphérie de Naples, à proximité des champs Phlégréens, une zone volcanique active qui expose la ville aux séismes. Le dernier en date a provoqué le déplacement forcé de 4 000 habitants, qui se demandent s’ils pourront un jour revenir chez eux..
Le 31 juillet 2026, un séisme de magnitude 4,7 a frappé Pouzzoles, une ville italienne située près de Naples. Ce tremblement de terre, qualifié de plus fort de ces quarante dernières années dans la région, a causé d’importants dégâts matériels et humains. Pouzzoles est proche des champs Phlégréens, une zone volcanique active depuis plus de 80 000 ans, ce qui expose régulièrement la population à des risques sismiques et volcaniques. Les autorités ont recensé 4 060 personnes déplacées, dont 1 774 familles, obligées de quitter leur domicile en urgence.
Un mois après le séisme, les conséquences restent lourdes pour les habitants. Seules 157 personnes ont pu rentrer chez elles, tandis que 3 668 familles ont reçu une aide de l’État pour se reloger. Cependant, cette aide est jugée insuffisante par une grande partie de la population, notamment en raison des loyers élevés demandés dans la région. Par ailleurs, des infrastructures clés comme des églises, des commerces, des services postaux et médicaux restent fermées. Le quartier Terra, le plus ancien de la ville, est particulièrement touché.
Les habitants déplacés font face à des obstacles majeurs pour retrouver un logement. Les demandes de subventions pour des travaux de mise aux normes sismiques ou de réparation des logements sont rejetées dans plus de la moitié des cas. Les raisons invoquées incluent des irrégularités dans les constructions, comme des vérandas ou des mezzanines non déclarées, souvent réalisées par d’anciens propriétaires. Ces règles strictes laissent de nombreux habitants sans solution, certains dormant même chez des proches ou sur des transats de plage.
La méfiance des habitants envers les autorités s’est renforcée après le séisme de 2024, qui avait déjà déplacé 1 500 personnes sans offrir d’aide financière pour les mises aux normes. Beaucoup craignent que les procédures actuelles ne leur permettent pas de revenir chez eux rapidement. Certains évitent même d’appeler les pompiers par crainte de ne plus pouvoir réintégrer leur logement pendant des années. Cette situation a poussé des citoyens à manifester à Naples fin août 2026 pour exiger des solutions durables.
À Pouzzoles, tous les bâtiments n’ont pas encore fait l’objet d’une expertise sur les risques sismiques. Dans le centre historique, des immeubles habités côtoient des bâtiments évacués, faute d’évaluation complète. Cette situation illustre les défis posés par une région où les constructions anciennes et les normes sismiques entrent souvent en conflit. Les habitants attendent une réponse claire des pouvoirs publics pour éviter que cette crise ne se prolonge indéfiniment.

