La dérégulation avant le climat : la feuille de route anti-écologique d'Ursula von der Leyen pour l'Europe
Devant le Parlement européen, Ursula von der Leyen a défendu, mercredi 16 septembre, la trajectoire climatique de l' UE sans jamais évoquer sa propre politique de détricotage des normes environnementales. Au sortir d'un été de canicules et d'incendies record, qu'elle a qualifié « d'été de la vérité », Ursula von der Leyen s'exprimait mercredi 16 septembre devant les eurodéputés réunis à Strasbourg pour son sixième discours sur l'état de l'Union, l'exercice annuel par lequel la présidente (R.
L’article critique la Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen, présidente depuis 2019, pour avoir accordé la priorité à la dérégulation économique plutôt qu’à la lutte contre le changement climatique. Cette orientation se traduit par des mesures visant à assouplir les règles environnementales et sociales au nom de la compétitivité industrielle. Par exemple, la Commission a proposé en 2020 de réduire les obligations de reporting extra-financier pour les entreprises, c’est-à-dire les rapports qu’elles doivent publier sur leur impact écologique et social. Ces règles, initialement renforcées par la directive européenne sur le reporting de durabilité des entreprises (CSRD, Corporate Sustainability Reporting Directive), visent à rendre les activités économiques plus transparentes. Le texte final, adopté en 2023, a finalement maintenu certaines obligations, mais avec des assouplissements notables, notamment pour les petites et moyennes entreprises (PME).
Parmi les secteurs les plus concernés par cette dérégulation, l’article cite l’agriculture intensive, l’énergie fossile et les transports routiers. Par exemple, la Commission a soutenu en 2021 l’extension des subventions aux biocarburants, malgré leur bilan écologique controversé, car ils sont présentés comme une alternative aux énergies fossiles. De même, elle a prolongé jusqu’en 2035 les aides publiques aux véhicules thermiques (essence et diesel), alors que l’Union européenne (UE) avait initialement prévu d’interdire leur vente neuve à partir de 2035. Ces décisions s’inscrivent dans une logique de soutien aux industries nationales, mais elles retardent la transition vers une économie bas-carbone. L’article souligne que ces choix favorisent les lobbies industriels au détriment des objectifs climatiques de l’UE, comme la neutralité carbone d’ici 2050.
L’article met en lumière l’influence des lobbies industriels sur les décisions de la Commission, notamment via des groupes de pression comme BusinessEurope, qui représente les intérêts des entreprises européennes. Ces groupes militent pour des règles moins contraignantes en matière d’environnement, arguant qu’elles freinent la croissance économique. Par exemple, en 2022, BusinessEurope a fait pression pour assouplir les normes d’émissions de CO₂ pour les voitures et les camions, alors que l’UE avait déjà adopté des objectifs ambitieux de réduction. L’article cite également des cas où des commissaires européens, comme Thierry Breton (responsable du marché intérieur), ont défendu des intérêts industriels au détriment des priorités écologiques. Ces pratiques soulèvent des questions sur l’équilibre entre compétitivité économique et protection de l’environnement dans les politiques européennes.
Les mesures de dérégulation adoptées par la Commission von der Leyen risquent de compromettre les engagements climatiques de l’UE, notamment l’Accord de Paris et le Pacte vert européen (Green Deal), un ensemble de lois et de financements visant à rendre l’Europe neutre en carbone d’ici 2050. Par exemple, l’assouplissement des règles pour les biocarburants pourrait entraîner une augmentation des déforestations en Amérique du Sud et en Asie, car ces cultures (comme l’huile de palme) sont souvent associées à la destruction de forêts tropicales. De même, le report de l’interdiction des véhicules thermiques de 2030 à 2035 pourrait retarder la réduction des émissions de CO₂ du secteur des transports, qui représente environ 25 % des émissions totales de gaz à effet de serre de l’UE. L’article souligne que ces décisions pourraient coûter cher à long terme, tant sur le plan environnemental qu’économique.
Face à ces orientations, de nombreuses organisations non gouvernementales (ONG) et scientifiques ont exprimé leur inquiétude. Par exemple, Greenpeace et Les Amis de la Terre ont dénoncé en 2023 un recul historique dans la protection de l’environnement, estimant que la Commission sacrifie le climat sur l’autel de la croissance économique. De leur côté, des chercheurs comme ceux de l’Institut pour la politique climatique européenne (European Climate Foundation) ont calculé que les mesures de dérégulation pourraient entraîner un surcoût de 1 000 milliards d’euros d’ici 2050 pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE, en raison des retards accumulés. Ces critiques soulignent un paradoxe : alors que l’UE se présente comme un leader mondial en matière de lutte contre le changement climatique, ses politiques internes semblent parfois contradictoires.
L’article replace ces choix dans un contexte politique marqué par des tensions entre les États membres de l’UE. Par exemple, des pays comme la **Pologne** et la **Hongrie**, dépendants du charbon et du gaz, ont longtemps freiné les avancées climatiques, tandis que des pays comme la **France** ou l’**Allemagne** défendent des positions plus ambitieuses. La Commission von der Leyen, élue en 2019 avec le soutien d’une coalition centrée sur le **Parti populaire européen** (PPE), a dû composer avec ces divergences. De plus, la guerre en Ukraine en 2022 a accentué les pressions pour réduire la dépendance aux énergies russes, poussant certains États à relancer des projets d’infrastructures gazières ou à prolonger l’utilisation du charbon, malgré son impact climatique. Ces événements ont affaibli la cohérence des politiques environnementales de l’UE.

